l’Association des Libraires de Montauban et de leurs Amis

L'ALMA a été créée en 2005 - officiellement janvier 2006 - à l’occasion d’un combat collectif (les commerces culturels et la population montalbanaise), contre l’installation d’une grande surface « culturelle » en centre ville. Depuis, le projet a été - temporairement ? - abandonné, mais les libraires avaient, entre temps, découvert la force et le plaisir de travailler ensemble.

L’ALMA rassemble les acteurs et amoureux du livre de la région et en particulier les librairies et les bouquinistes de la ville. Elle se développe autour de plusieurs objectifs :

  • Soutenir les librairies indépendantes de Montauban dans leurs singularités et leur complémentarité;
  • Organiser et promouvoir des manifestations inter-librairies;
  • Promouvoir les livres et de la lecture;
  • Mettre à disposition des librairies indépendantes ce site afin de faciliter la communication de leurs activités.

Soutenir les librairies indépendantes.

Le centre-ville de Montauban est remarquablement doté en commerces culturels, lieux de convivialité et de services qui participent à l’attrait de la ville. On y compte - entre autres - deux disquaires, plusieurs magasins de photo, de jeux vidéo, d’informatique, deux cinémas, deux librairies d’ancien et d’occasion et cinq librairies indépendantes.

Les sept librairies organisent régulièrement des rencontres d’auteurs, des lectures et des expositions. Ils s’impliquent, au-delà de leur rôle de commerces spécialisés, dans la dynamique culturelle de la cité. Le site Internet de l’ALMA donne à leurs actions un éclairage original et favorise leur rayonnement.

Organiser et promouvoir des manifestations inter-librairies.

Les grandes manifestations nationales autour du livre et de la lecture comme « Lire en fête » ou « le printemps des poètes » sont pour l’ALMA les opportunités de conjuguer le talent et l’expérience des librairies. En organisant des animations communes aux librairies, l’ALMA donne une plus grande envergure à la promotion du livre et de la lecture et souligne la cohérence et la complémentarité des librairies de Montauban.

Depuis sa création en 2005, l’ALMA a organisé plusieurs manifestations (voir) et obtenu le soutien de :

L’ALMA remercie les multiples partenaires institutionnels, associatifs, professionnels, individuels, trop nombreux pour les citer tous, ainsi que le public qui s’associe à ces manifestations.


04 février 2012 15:58
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04 février 2012 15:49
OiJjtf , [url=http://enbqbqhqerjq.com/]enbqbqhqerjq[/url], [link=http://qgrjeyioncsi.com/]qgrjeyioncsi[/link], http://lkklweaqdvzg.com/
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01 février 2012 07:49
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Flossy

03 décembre 2011 15:31
Pour ce traditionnel rendez-vous autour du livre, place Nationale, en clôture du festival Lettres d’Automne, les éditeurs de la région se joindront aux libraires de la ville !

Geneviève André-Acquier des éditions Réciproques a réuni, pour la deuxième année consécutive, une dizaine d’éditeurs basés en Midi-Pyrénées qui viendront présenter leurs publications :
les éditions Arbouge, Moli Mola, Corentin, Autre Reg’art, le Grand Os, Cocagne, La Brochure, Réciproques, le Griffon bleu, le Trident neuf, les Editeurs Libres, Tertium…

Confluences

01 décembre 2011 14:50
Le môme Mhomho
L’épouse de Nasreddinne, la belle Patrissien, tient aussi un stand de livres, spécialisé dans la jeunesse. Elle est souvent victime de chapardages et suspecte particulièrement Mhomho, un garnement toujours fourré dans ses pattes. Un jour, elle l’attrape par l’oreille et lui dit : je suis sûre que c’est toi qui m’a volé mon livre fétiche, « Le Bateau ivre ». C’est même pas vrai, répond Mhomho, jamais je ne volerais un livre, et puis d’abord, je n’y ai rien compris !

D.D.

01 décembre 2011 14:29
Nasreddinne et Hevelinh
Nasreddinne embarque pour un très long voyage. Pas de chance pour lui, l’unique autre passagère se trouve être Hevelinh, le nez toujours plongé dans un livre. Désireux d’engager la conversation, Nasreddinne manifeste bruyamment son ennui. Hevelinh, lasse de ses continuelles interruptions, lui propose l’un de ses livres. Hélas, avoue l’homme, je ne sais pas lire. Mon pauvre ami, s’exclame-t-elle, tu te prives de la moitié de ta vie et elle reprend sa lecture mais à voix haute. Son compagnon, captivé, se tient enfin tranquille. En quelques jours, la savante apprend à lire à son élève enthousiaste. Mais le port est enfin en vue, quand le bateau se met à sombrer, brisé par un écueil. Alors Nasreddinne se tourne vers sa voisine et lui dit : toi qui sais lire, tu m’as donné la moitié de ma vie, à mon tour, moi qui sais nager, je vais te donner le reste de la tienne.

D. D.

27 novembre 2011 19:46
"Guerre et Paix" ! Mais oui, "guère épais" !
C'est très drôle !
Momo Le Haineux

27 novembre 2011 19:29
Al Geek l'informaticien demande à son voisin le libraire Nasreddine :
- Conseille-moi un titre d'ouvrage rapide à lire et qui ne surcharge pas ma bibliothèque.
- Cher lecteur, pressé et encombré, je te suggère : "Guerre et Paix".
Al Ben Itta

24 novembre 2011 19:11
Nasreddine n'avait jamais rencontré de "V.I.P." (very important people) auparavant. Avec sa légendaire naïveté feinte, il demanda à la personne qu'on lui avait présentée pourquoi elle était très importante. La jeune chanteuse blonde, au décolleté savamment orchestré, sussura une réponse désolante de banalité. Nasreddine acheva de lui donner de l'importance en posant cette dernière question.
_"Combien de bosses possède un chameau ?
La réponse fusa dans l'espace, momentanément éclairé, de cette lolita.
_Un seul ! Et il le fait beaucoup travailler.
_Ok, ok, hoqueta le sage.
_Nasreddine venait de découvrir la barrière de la langue qui mène au désert de l'incompréhension."
Gaston Binvéria

24 novembre 2011 19:02
Durant un hiver particulièrement rigoureux, Nasreddine se mit en quête de trouver un peu de chaleur. Il entra dans la boutique de son commerçant préféré. La pièce était glaciale et les dents du libraire alignées comme les volumes disparates de ses étagères. L'imprévisible Nasreddine ne pouvait pas se contenter d'une poignée de mains ou d'un café réchauffé.
_"Que désires-tu aujourd'hui, Nasreddine ?
_Juste un peu de chaleur pour atteindre la fin de la journée !
_Le café n'y suffira point et la main qui t'accueille est déjà insensible. Je te connais un livre brûlant d'actualité qui...
_Ne monte pas sur l'escabeau ! Crie Nasreddine.
_ ??!!!
_Je meurs d'envie de me self-servir.
_Et pourquoi cette soudaine initiative ?
_Je rêve de tirer la couverture à moi..."




Gaston Binvéria

19 novembre 2011 19:21
Nasreddine entra dans la librairie et passa la journée à ouvrir les ouvrages. Il passa en revue tous ceux présents sur les étalages mais ne trouva pas ce qu'il cherchait et s'apprêtait à sortir lorsque le libraire l'interpella.
Monsieur puis je vous aider ? Que cherchez vous comme livre ?
Et non vous ne pouvez pas m'aider hélas, je recherche un livre écris à l'encre bleue, les vôtres sont tous écrits en noir...
lionel

19 novembre 2011 19:16
Ca y est Nasreddine à fini d'écrire sa bibliogaphie...
Ha bon il est mort ?
lionel
lionel poinsard

18 novembre 2011 07:54
Le libraire Nasreddine fait des réductions sur les romans policiers. Avant de les vendre, il leur prélève les dernières pages.
Momo Le Haineux

18 novembre 2011 07:29
Le Lettré, un client régulier du libraire Nasredddine, marchande chaque livre.
- Nasreddine, pour combien peux-tu me trouver "Les obscurcis " de Vénus Khoury-Ghata ?
- Cher client, il t'en coûtera 12 pierrils.
- Je te le prends pour 10 pierrils.
Nasreddine va chercher l'ouvrage en réserve, le donne au Lettré qui le règle et s'en va ...
Quelques minutes plus tard, il revient en colère.
- Nasreddine, il manque des pages à cet ouvrage.
- Cher client, je t'en ai laissé bon poids pour 10 pierrils ; j'ai gardé le reste.





Momo Le Haineux

18 novembre 2011 07:09
Nasreddine s'étonne qu'il n'y ait aucun livre chez son voisin Al Geek.
- En fait, j'ai perdu toute ma bibliothèque dans un incendie. Les trois bouquins sont partis en fumée.
- Je mesure cette perte cruelle, mais cher Al Geek as-tu au moins la consolation d'avoir achevé leur coloriage avant ce drame.
Momo Le Haineux

18 novembre 2011 07:05
Nasreddine va écrire un livre. Sur quoi ? Sur la table.
Momo Le Haineux

16 novembre 2011 19:12
je croisais souvent Nasreddine Hodja à la bibliothèque et remarquais qu'il commençait toujours la lecture des livres par la dernière page. Un jour je m’enhardis à lui poser la question mais pourquoi lis tu les livres à l'envers ?
C'est que je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre et j'ai trop peur de commencer un livre sans avoir le temps de le finir !!!
lionel

08 novembre 2011 19:36
Pétition NON A L'AUGMENTATION DE LA TVA SUR LES LIVRES ! http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N16249
nonoko

02 novembre 2011 20:06
-Nasr Eddine Hodja, c'est marqué là sur le livre
-Je sais lire, mais Nasr Eddine n'existe pas, c'est un personnage de fiction, il n'est là que pour nous montrer ce que nous sommes et nous mettre devant nos imperfections.
-Vous n'êtes pas l'auteur, vous n'avez pas non plus de carton d'invitation, alors nous ne pouvons pas vous laissez entrer
-Vous connaissez Nasr Eddine Hodja, sahib?
-Je n'ai pas besoin de connaître les personnages, mes portes ne s'ouvrent que pour les auteurs.
-Alors! Ecoutez moi.... Il y a longtemps, alors que mon fils était encore un enfant....
Et Nasr Edine raconta, et les gens qui arrivaient pour rencontrer l'auteur s'arrêtèrent et écoutèrent, ils avaient fait cercle, ce jour là on but le champagne en on mangea les toast sur le trottoir, pendant que l'auteur signait son livre sur Nas Reddine Hodja au préfet, au maire et à ses adjoints et seulement à eux

Jacky Lagrois

31 octobre 2011 20:53
(suite et fin de Nasreddine et l'éleveur)

Le chamelier offusqué tente de se soustraire à la sentence peu flatteuse mais Nasreddine l'interrompt d'un geste autoritaire.
"Tu ne crois toujours pas au pouvoir de l'âne Haggh-Râm? Pauvre bétaillère des dunes!
_Je n'ai pas usé mes semelles pour me faire injurier dans ton échoppe poussiéreuse!
_Nadir, va puiser au plus loin des mots pour fertiliser ton sol plutôt que d'attendre que la pluie tombe du ciel...
_Chic-âneries que tout ceci!
_Je vais calmer ta soif qui est un bien précieux. Tu peux la satisfaire une seule fois ou y retourner plusieurs fois.
"Soif d'une fois ou soif de nombreuses fois"
_Si je comprends bien, on peut boire tes paroles sans jamais déceler la présence vivante des anagrammes.
_Tu sors du tunnel, chamelier. N'élève pas la voix mais entoure-toi des mots qui vont t'aider à apprivoiser la sobriété".

Nadir, depuis, n'est plus l'esclave des précipitations mais il alimente son troupeau au puits de la bienveillance et sa riche parole arrose le désert pour le transformer en champ lexical.
Ainsi, la morale, qui ne dit pas son nom mais transpire habilement dans cet art du jeu de mots, est ce que Nasreddine dévoile dans une phrase presque énigmatique à cet éleveur métamorphosé par la visite.
"Dresse l'oreille avant d'élever...même la voix."
Gaston Binvéria

31 octobre 2011 20:36
Nasreddine, fou attentif et sage désinvolte, attendait amusé la visite d'un richissime éleveur de chameaux, Nadir. Celui-ci arriva en ville, paré de l'étoffe de la bonne foi pour étaler ses doléances. Il entra dans la petite librairie réputée de Nasreddine.
"Mon troupeau s'amoindrit et l'abondance nous fuit, végétale ingratitude! Je ne peux plus entretenir les miens alors je viens supplier ta réflexion légendaire pour me sortir...du sable.
_Nadir, c'est ta parole qui est trop sèche et non pas le sol du désert!
_Mais ma salive fonctionne bien, mes amis vantent ma générosité et les clients m'inondent de compliments pour mes animaux exceptionnels!!
_Si tu ne veux pas m'écouter, retourne à la source de tes maux!!!"
Le riche éleveur, vexé mais tenace, demande alors à Nasreddine d'accepter ses excuses et de bien vouloir l'éclairer un peu plus.
Le sage oriental indique alors à Nadir une pièce obscure où un âne fait entendre son braiment caractéristique.
"L'âne Haggh-Râm va te mettre sur la voie: les lettres, comme les amants, changent de position pour renouveler la vie... Ton prénom révèle plus que tu ne l'imagines: Nadir est radin!"

(fin de la première partie, à suivre...)
Gaston Binvéria

29 octobre 2011 06:55
Ali Baâl Le Lecteur, un dévoreur de livres, est le client le plus exigeant du libraire Nasreddine.
- Nasreddine trouve-moi un livre sur la cuisine des fèves.
- Voici donc, cher client, "Tout l'art d'accommoder les fèves" du Grand-Chef Abattis.
- Ce n'est pas exactement ce que je recherche.
Nasreddine hésite à inviter Ali Baâl Le Lecteur à aller se faire cuire un oeuf ...
Momo Le Haineux

27 octobre 2011 16:40
On montre à Nasreddine des photos et des reportages concernant le 11 septembre 2001. Les avions qui percutent les bâtiments, les tours qui s’effondrent, l’horreur qui s’abat sur les habitants des immeubles. Les gens sautent des étages supérieurs et s’écrasent au sol, les pleurs, les cris, les larmes, le deuil partout.
Il parcourt les boutiques des libraires où des rayons entiers de livres relatent la catastrophe et ses conséquences internationales.
Et Nasreddine de hocher la tête et de murmurer :
- C’est bien, c’est bien.
- Oh Nasreddine, comment peux-tu dire que pareille horreur est bien ? lui demande-t-on.
- C’est bien triste. Mais n’est-ce pas ainsi que se comportent les hommes depuis toujours ?

C.A.M.

27 octobre 2011 16:38
Les malheurs de Sofiane

Sofiane est un homme d’affaires qui voyage beaucoup. Un jour, il téléphone à son zélé serviteur Nasreddine Hodja :
- Allo ! Nasreddine, est ce que tout va bien à la maison ?
- Oh ! Non Monsieur, j’ai cassé le manche de la pelle.
- Mais elle était neuve, qu’as-tu fait ?
- C’est en enterrant votre chien, Monsieur.
- Quoi ? Mon fidèle labrador est mort ?
- Oui, il s’est tué en tombant dans la piscine.
- Impossible, ces chiens-là savent nager !
- La piscine était vide, Monsieur. L’eau a été utilisée par les pompiers pour éteindre l’incendie de votre maison.
- Que dis-tu, ma maison a brûlé ? Comment est-ce arrivé ?
- Une bougie allumée près du cercueil de votre maman a enflammé les tentures.
- Ma mère est morte elle aussi ?
- Oui, Monsieur, d’une crise cardiaque, quand elle a vu votre femme dans les bras de votre meilleur ami.
- Tu ne m’apprends que des catastrophes, Nasreddine. Tu n’a donc rien de positif à m’annoncer ?
- Si Monsieur, j’ai un courrier pour vous au sujet du test de dépistage du SIDA que vous avez fait la semaine dernière.
- Oui, et alors ?
- Eh bien, il est positif !
D.M.

27 octobre 2011 16:35
Nasreddine, tenant fermement son petit-fils par la main, contemplait les déferlantes de l’Océan. Tout à coup, une vague furieuse lui arracha l’enfant. Aussitôt Nasreddine se tourna vers Dieu et se répandit en supplications. A la fin, Dieu, lassé de l’entendre, lui rendit le garçon.
Derechef, Nasreddine se tourna vers le Ciel pour protester :
- Dieu, mon petit- fils avait un bonnet ! 

C B

27 octobre 2011 08:03
Ali Baâl Le Lecteur, un dévoreur de livres, est le client le plus exigeant du libraire Nasreddine.
- Nasreddine trouve-moi un livre sur la cuisine des fèves.
- Voici donc, cher client, "Tout l'art d'accommoder les fèves" du Grand-Chef Abattis.
- Ce n'est pas exactement ce que je recherche.
Nasreddine hésite à inviter Ali Baâl Le Lecteur à aller se faire cuire un oeuf ...
Momo Le Haineux

25 octobre 2011 09:49
Ali Baâl le lecteur est un dévoreur de livres, mais aussi le client du libraire Nasreddine le plus difficile à contenter.
- Nasreddine trouve moi un livre sur la cuisine des fèves.
- Voici donc, cher client, "Tout l'art d'accommoder les fèves" du grand-chef Abattis.
- Ce n'est pas exactement ce que je recherche.
Nasreddine hésite à inviter Ali Baâl le lecteur a se faire cuire un oeuf ...
Momo Le Haineux

25 octobre 2011 09:05
Pour faire plaisir à son ami le libraire Nasreddine, Al Geek veut bien faire l'effort de décrocher de son écran d'ordinateur pour lire un vrai-grand-beau livre. Il confie le choix de ce chef-d'œuvre à Nasreddine, qui lui tend "Notre Dame de Paris" de Victor Hugo.
- Mais Nasreddine tu te moques de moi ! Je veux bien faire l'effort de lire un grand livre, et tu me proposes un roman sortit d'un vieux dessin animé.
Alors, Nasreddine lui donne un dictionnaire.
-Tous les mots sont là. Il ne te reste plus qu'à les combiner.
Momo Le Haineux

24 octobre 2011 22:16
La carte de fidélité
Jagrifauk est un gros lecteur. Il demande à Nasreddinne s’il a une carte de fidélité. Non, répond le libraire, mais si tu t’engages à acheter un livre par semaine, je te fais payer 3 pièces aujourd’hui et 2 seulement à partir du suivant. Cela me convient, répond Jagrifauk en tournant les talons, mais j’attendrai la semaine prochaine pour commencer.

D.D.

24 octobre 2011 22:15
La carte de fidélité
Jagrifauk est un gros lecteur. Il demande à Nasreddinne s’il a une carte de fidélité. Non, répond le libraire, mais si tu t’engages à acheter un livre par semaine, je te fais payer 3 pièces aujourd’hui et 2 seulement à partir du suivant. Cela me convient, répond Jagrifauk en tournant les talons, mais j’attendrai la semaine prochaine pour commencer.

D.D.

24 octobre 2011 22:12
Le Prix unique du livre
Fîlîpein l’impécunieux voudrait bien acheter un livre. Combien vaut celui-ci, demande-t-il à Nasreddinne? J’applique le Prix unique institué par le Vizir Langhus, répond le libraire, mes livres coûtent tous 3 pièces d’argent. Filipein fouille désespérément ses poches et finit par trouver une unique pièce. Apitoyé, le libraire sort un livre de sous son étal et le lui vend. Filipein repart mais il n’a pas fait trois pas qu’il est de retour rouge de colère. Il n’y a rien d’écrit dans ton livre, rembourse-moi ! Non, répond Nasreddinne, tu as le compte pour ton argent : pour 3 pièces, tu as toute l’histoire, pour 2, la moitié et pour 1, c’est toi qui dois l’écrire. Mais, si elle me plaît, je te rachèterai le livre. (Et c’est ainsi que Fîlîpein se fit écrivain).

D.D.

17 octobre 2011 17:19
On tient Nasreddine Hodja pour un sage. A la question que lui posent souvent les pèlerins en quête de pureté : " - Saint Homme révèle nous une activité, que l'on on peut exercer pour s'enrichir, sans appauvrir personne ? ", il répond toujours : "- La lecture".
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 17:15
Nasreddine, avec son âne attelé, fait office de livreur. L'Archiviste du Sultan et le Bibliothécaire du Calife utilisent parfois ses services. On voit alors Nasreddine traverser la cité avec des chargements livresques.
Un jour, un vieux paysan vient le trouver.
- Nasreddine pour la première fois de ma vie je viens de recevoir une lettre, mais je ne sais pas lire . Pourvu qu'elle ne m'apporte pas de mauvaise nouvelle. Peux-tu m'en faire lecture ?
Nasreddine parcourt le premier feuillet. Au fur et à mesure sa physionomie s'assombrit, puis il fond en larmes, au grand émoi du paysan.
-Aïe ! Nasreddine, mon frère est mort ? Sa ferme a brûlé ? C'est cela ou pire ? Dis-moi vite !
Nasreddine continue, et éclate de rire.
- Mais Nasreddine, tu me feras mourir ! D'abord tu pleures, ensuite tu ris. Aie pitié de moi !
-Ah ! mon brave homme, réussit à articuler Nasreddine. Si je pleure c'est parce que tu ne sais pas lire.
-Mais pourquoi ris-tu alors ?
-Parce que moi non plus.
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 17:08
Nasreddine veut découvrir l'œuvre de la magnifique écrivaine, Vénus Khoury-Ghatta. Mais il ne veut pas que son
épouse soupçonne son intérêt pour cette belle femme de lettres. Aussi, il choisit d'aller rechercher ses ouvrages
dans l'anonymat de la nouvelle grande librairie du Calife, hors des murs de la cité.
C'est un hangar spacieux dont l'intérieur est éclairé de mille feux. Après avoir longtemps erré dans les allées
balisées de néons, Nasreddine s'approche d'une vendeuse occupée à empiler sous des guirlandes clignotantes un
ouvrage livré en plusieurs centaines d'exemplaires.
- Pourriez-vous me donner " Alma, cousue main ou Le Voyage immobile" de Vénus Khoury Gha ... ?
- S'il n'est pas dans le rayon, nous ne l'avons pas !
Nasreddine aborde alors, un autre vendeur occupé à déployer sur un panneau lumineux, une affiche immense
vantant la prose inspirée d'un joueur de balle-au-pied.
- Avez-vous "Les inadaptés" de Vénus Khou ... ?
- Il faut regarder au rayon !
Aussi Nasreddine va vers un autre employé qui semble hypnotisé devant un écran luminescent
- Je voudrais " Les obscurcis " de ... ?
- Tout est dans le rayon !
Ainsi, c'est les mains vides que Nasreddine s'en retourne vers l'ombre de son souk, tout en marmonnant :
- Etonnant qu'avec tant d'éclairage, leur rayon ait si peu de lumière.
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 17:05
Nasreddine propose à son voisin, Al Geek, d'éteindre son écran pour prendre le temps de lire un livre.
"- Non merci ! Ce n'est pas la peine, j'ai téléchargé une librairie ... "
Nasreddine comprend alors, que si une souris de tapis et un rat de bibliothèque peuvent partager un même espace, ils ne vivent pas le même temps.
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 16:57
Le lettré va en bas de chez lui, au coin de sa rue, trouver Nasreddine dans son étal de libraire .
- Nasreddine, hier je suis allé jusqu'à la grande ville dans la grande librairie du Calife pour trouver le livre " Cadaqués, aller simple" de cet auteur infidèle mais doué dont j'ai oublié le nom. A tout hasard, tu ne l'aurais pas ?
- Cher voisin, tu peux retourner à la grande ville dans la grande librairie, un vendeur de livres du Calife me l'a acheté ce matin .
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 16:55
Depuis quelques temps, Nasreddine Hodja est colporteur de livres. Un jour un lettré se plaint à lui :
- Nasreddine, pourquoi ne proposes-tu que des almanachs, des romans sentimentaux voire érotiques et autres fadaises de littératures légères ?
- C'est que, si toi tu les lis moi je les porte.
Momo Le Haineux

17 octobre 2011 16:48
Le libraire Nasreddine va à la rencontre du grand écrivain, qui depuis des années édite un à deux titres par mois. Il a sous le bras un sac débordant d'ouvrages de l'auteur si prolixe.
-Ô Grand Inspiré, pourrais-tu dédicacer tous ces chefs d'oeuvres ? Inscris juste sur leur première page "Respectueusement avec toute mon amitié" et signe. Je pourrais ainsi les vendre honnêtement en garantissant aux lecteurs qu'au moins une page est de la main de l'auteur ...

Momo Le Haineux

04 octobre 2011 23:48
Nasreddine propose à son voisin, Al Geek, d'éteindre son écran pour prendre le temps de lire un livre.
" Non merci ! Ce n'est pas la peine, j'ai téléchargé une librairie ... "
Nasreddine comprend alors, que si une souris de tapis et un rat de bibliothèque peuvent partager un même espace, ils ne vivent pas le même temps.
Momo Le Haineux

25 septembre 2011 07:40
Nasreddine veut découvrir l'œuvre de la magnifique écrivaine, Vénus Khoury-Ghatta. Mais il ne veut pas que son
épouse soupçonne son intérêt pour cette belle femme de lettres. Aussi, il choisit d'aller rechercher ses ouvrages
dans l'anonymat de la nouvelle grande librairie du Calife, hors des murs de la cité.
C'est un hangar spacieux dont l'intérieur est éclairé de mille feux. Après avoir longtemps erré dans les allées
balisées de néons, Nasreddine s'approche d'une vendeuse occupée à empiler sous des guirlandes clignotantes un
ouvrage livré en plusieurs centaines d'exemplaires
- Pourriez-vous me donner " Alma, cousue main ou Le Voyage immobile" de Vénus Khoury Gha ... ?
- S'il n'est pas dans le rayon, nous ne l'avons pas !
Nasreddine aborde alors, un autre vendeur occupé à déployer sur un panneau lumineux, une affiche immense
vantant la prose inspirée d'un joueur de balle-au-pied.
- Avez-vous "Les inadaptés" de Vénus Khou ... ?
- Il faut regarder au rayon !
Aussi Nasreddine va vers un autre employé qui semble hypnotisé devant un écran luminescent
- Je voudrais " Les obscurcis " de ... ?
- Tout est dans le rayon !
Ainsi, c'est les mains vides que Nasreddine s'en retourne vers l'ombre de son souk, tout en marmonnant :
- Etonnant qu'avec tant d'éclairage, leur rayon ait si peu de lumière.
Momo Le Haineux

18 septembre 2011 13:34
Nasreddinne entend parler d’une très grande librairie qui vient d’ouvrir aux portes de la ville. Vite, il monte sur son âne pour visiter ce nouveau temple de la Culture. A l’entrée, il est accueilli par des danseuses du ventre à peine voilées. A l’intérieur, les murs et les sols sont richement décorés. Ravi, il se met en quête des livres du Poète Omar Khayyam ainsi que des écrits d’Ibn Kammuna. Mais il ne trouve ni rayon Poésie, ni rayon Philosophie, ni personne pour le conseiller. Dépité, il repart en se disant : décidemment, je resterai fidèle à mon vieux libraire qui me trouve toujours les livres que je veux. Et tant pis si ses gentilles vendeuses ne font pas la danse du ventre!
Lilha

16 septembre 2011 21:49
L’âne mal garé
Un jour, que Nasreddinne le bouquiniste est confortablement installé à la terrasse d’un café, vantant avec modestie sa marchandise, il est brutalement dérangé par la maréchaussée. Il faut que tu fasses circuler ton âne qui bloque la circulation rue de la Mairie et, têtu comme il est, impossible pour nous de le déloger. Non, dit le libraire, laissez moi philosopher avec mes amis ! Si tu refuses, nous allons être obligés de te mettre en prison. Arrêtez-moi si vous voulez, répond Nasreddinne, tendant ses poignets, mais je ne toucherai ni à cet âne ni à sa cargaison. Ses amis interviennent : sois raisonnable, tu sais combien les cachots sont humides ! Excédé, l’homme explose : mais enfin, pourquoi voulez vous tous que j’amène un âne et des livres qui ne m’appartiennent pas ! Ils sont à la redoutable Danielhan, la libraire du Palais et je préfère aller en prison plutôt que de me mêler de ses affaires !

D.D.

12 septembre 2011 07:36
On tient Nasreddine Hodja pour un sage. A la question que lui posent souvent les pèlerins consultants en quête de pureté : " Saint homme révèle nous une activité que l'on on peut exercer pour s'enrichir sans appauvrir personne ? ", il répond toujours : "- La lecture."
Momo Le Haineux

09 septembre 2011 07:18
Le libraire Nasreddine va à la rencontre du grand écrivain qui édite à depuis des années un à deux titres par mois. Il a sous le bras un sac débordant d'ouvrages de l'auteur si prolixe.
-Ô Grand Inspiré, pourrais-tu dédicacer tous ces chefs d'oeuvres ? Inscris juste sur leur première page "Respectueusement avec toute mon amitié" et signe. Je pourrais ainsi les vendre honnêtement en garantissant aux lecteurs qu'au moins une page est de la main de l'auteur ...

Momo Le Haineux

09 septembre 2011 06:56
Le lettré va en bas de chez lui, au coin de sa rue, trouver Nasreddine dans son étal de libraire . Nasreddine, hier je suis allé jusqu'à la grande ville dans la grande librairie du Calife pour trouver le livre "Un aller simple à Cadaqués" de cet auteur infidèle mais doué dont j'ai oublié le nom. A tout hasard, tu ne l'aurais pas ?
- Cher voisin, tu peux retourner à la grande ville dans la grande librairie, un employé du Calife me l'a acheté ce matin .
Momo Le Haineux

09 septembre 2011 06:36
Depuis quelques temps, Nasreddine Hodja est colporteur de livres. Un jour un lettré se plaint à lui : Nasreddine, pourquoi ne proposes-tu que des almanachs, des romans sentimentaux voire érotiques et autres fadaises de littératures légères ?
C'est que, si toi tu les lis moi je les porte.
Momo Le Haineux

08 septembre 2011 21:07

La vérité du libraire
Nasreddinne a enfin trouvé sa vocation : vendeur de livres ambulant. A cette fin, il a équipé son âne d’une carriole et s’est vite rendu célèbre dans toute la contrée. Il s’arrête dans tous les hameaux en criant : Je vends la vérité ! Qui veut la vérité ! Chacun accourt. Pour toi, Nadegeh qui crois que la terre est ronde, et bien j’ai là un traité qui le prouve de façon irréfutable ! Toi, Carolhin, tu penses qu’elle est plate, achète-moi celui-ci qui le démontre scientifiquement. Mais qui vois-je, notre séducteur Ugolem ? Voici un livre qui explique qu’il faut tromper son épouse. Et pour toi, Reneh-le-gourmand, une apologie de l’obésité. Mais, s’étonne l’assistance, la vérité n’est-elle pas unique ? Mes chers amis, je le croyais aussi jusqu’à ce que je devienne libraire. Depuis, je n’ai conservé qu’une certitude : les livres que je vends ne mentent jamais, c’est donc que la vérité est multiple.

D.D.

27 août 2011 15:07
La caverne d’Alilayan
Un peu fanfaron, Nasreddinne se vante haut et fort d’avoir pu visiter la caverne d’Alilayan et ses mille trésors. Une nuit, un voleur alléché force la porte de la caverne. Dans la pénombre brillent cuirs et dorures qui semblent contenir des objets précieux, mais déception, derrière ces superbes reliures, il ne trouve que des pages, encore des pages. Il a beau fouiller tous les recoins, pas la moindre perle, pas le plus petit diamant. A l’aube, il repart bredouille, avec en poche un simple coupe-papier argenté bien usé. Il est tellement dépité qu’il ne peut s’empêcher de s’en ouvrir à Nasreddinne. Tu peux me croire, il n’y a plus le moindre bijou ni pièce d’or dans la caverne d’Alilayan, du papier, c’est tout ce qu’elle contient! Le Hodja confus va s’excuser auprès d’Alilayan, en train de remettre en ordre sa bibliothèque. Il lui fait part de la réflexion du cambrioleur. Pas rancunière, elle se met à rire et s’exclame : l’aveuglement du sot fait souvent le malheur du sage, mais il arrive parfois qu’il lui soit bénéfique !

D.D.

24 août 2011 14:19
Le dictionnaire
Nasreddinne va chez le libraire et lui demande un livre pour enrichir son vocabulaire. J’ai ce qu’il te faut, répond l’homme, un dictionnaire qui appartenait à la Cour. Avec lui, tu connaitras autant de mots que le Calife en personne. Je n’en veux pas, rétorque Nasreddinne, j’écoute souvent les discours de notre Chef –qu’il aille au Paradis !- et je comprends tous les mots qu’il emploie. Et puis, je ne veux pas être Calife à la place du Calife. Vends plutôt ton dictionnaire au grand Vizir !

D. D.

22 août 2011 17:37
Le livre en persan
Nasréddinne reçoit un livre qu’un ami lointain lui a envoyé. Hélas, il n’arrive pas à comprendre un seul mot. Le voilà parti à la ville, à la recherche d’un lettré. Il rencontre un étranger à lunettes et à turban qui lui assure être un grand savant. Nasreddinne lui demande de lui traduire son livre mais l’homme se met en colère : ton livre est écrit en persan et tu vois bien que je ne suis pas Perse à mon turban! Il lui explique comment les Perses enroulent leur tissu. Nasreddinne repart tout content, se disant : maintenant que je sais comment nouer mon turban, je pourrai lire mon livre.

D.D.

20 août 2011 15:50
Nasreddine et son fils partent à la recherche de combustible pour allumer le feu. Longtemps, ils errent dans le désert sans ramasser la moindre brindille. Quand soudain, ils aperçoivent un gros livre précieux, sans doute tombé de la besace d’un magicien. Le livre s’intitule Comment changer le pain en or et autres merveilles. Tout heureux de leur trouvaille, ils reviennent à la maison. Mais à peine rentrés, Nasreddine entreprend de déchirer le livre et d’y mettre le feu. Que fais-tu là ? s’écrient sa femme et son fils, tu n’as pas vu que ce livre nous aurait permis de transformer le pain en or ? Si, répond Nasreddine, mais pour fabriquer de l’or, il faut d’abord faire cuire le pain!
D.D.

19 août 2011 09:03
Nasreddinne et son ami, le sage Menghenet sont étudiants. Tous les soirs, Nasreddinne fait la fête et ses études s’en ressentent. La veille de l’examen, il entreprend laborieusement la lecture du célèbre Traité des Mangahs de Déhédit. Menghenet ne manque pas d’en profiter pour lui faire la morale : regarde dans quel état tu t’es mis ! Tu te rends compte maintenant comme c’est mal de boire ! Tais-toi donc ! répond Nasreddine. Tu vois bien quand même que maintenant ce qui est mal, ce n’est pas de boire, c’est de lire !
D.D.

12 août 2011 15:12
Nasreddine Hodja errait dans les rues de Marrakech… Il entra dans le souk et se retrouva au milieu de la foule. Un sentiment de persécution s’empara de lui. Il ferma les yeux et écouta le flux de paroles des personnes qui s’amassaient autour de lui. Il fit un pas en arrière, ouvrit les yeux et observa, content de lui. Il fit un deuxième pas, plus rapide, puis un troisième et ainsi de suite. Il se mit a marcher en arrière, sans regarder où ses pieds l’emmenaient. Il heurta un stand d’épices, dévia plusieurs personnes de leur chemin et écrasa même les mains d’un enfant qui jouait sur le sol. Mais les yeux ouverts, déterminé et le sourire au coin des lèvres il continua jusqu’à temps qu’un passant l’arrêta net, par le bras : « Que fais tu Nasreddine Hodja ? Ne vois tu pas que tu déranges tout le monde à agir de la sorte ! - Peut être, répondit-il essoufflé, mais en marchant comme cela, je peux voir ce qui se trame derrière mon dos ! »
TR

06 août 2011 07:46
Nasreddine fait office de livreur avec son âne attelé. L'Archiviste du Sultan et le Bibliothécaire du Calife utilisent parfois ses services. On voit alors Nasreddine traverser la cité avec des chargements livresques.
Un jour, un vieux paysan vient le trouver.
- Nasreddine pour la première fois de ma vie je viens de recevoir une lettre mais je ne sais pas lire . Pourvu qu'elle ne m'apporte pas de mauvaise nouvelle. Peux-tu m'en faire lecture ?
Nasreddine parcourt le premier feuillet. Au fur et à mesure sa physionomie s'assombrit puis il fond en larmes, au grand émoi du paysan.
-Aïe ! Nasreddine, mon frère est mort ? Sa ferme a brûlé ? C'est cela ou pire ? Dis-vite !
Nasreddine continue, et éclate de rire.
- Mais Nasreddine, tu me feras mourir ! D'abord tu pleures, ensuite tu ris. Aie pitié de moi !
-Ah ! mon brave homme, réussit à articuler Nasreddine. Si je pleure c'est parce que tu ne sais pas lire.
-Mais pourquoi ris-tu alors ?
-Parce que moi non plus.
Momo Le Haineux

05 juin 2011 08:10
On raconte qu'il y avait sur une place bordée d'arcades de briques roses, un mendiant aveugle. Un jour, Nasr Eddin Hodja lui demanda combien les passants lui donnaient par jour en moyenne. Le malheureux répondit que la moyenne des bons jours était d'environ 20 pierrils. Nasr Eddin prit la pancarte que le mendiant portait sur la poitrine et sur laquelle était mentionnée son infirmité. Il la retourna et y écrivit quelques mots sur l'autre face. Puis en la rendant à l'aveugle, le Hodja lui dit : -Maintenant je viens d'écrire sur ta pancarte une formule qui augmentera de façon conséquente ta récolte de pierrils. Nous en reparlerons bientôt.
En effet , quelques jours plus tard, Nasr Eddin revint vers le mendiant aveugle qui se confondit en louanges et en remerciements pour le Hodja : - Je recois aujourd'hui plus de 100 pierrils par jour. C'est incroyable, merveilleux ! Quelle est la phrase que tu as écrite sur ma pancarte et qui me vaut tant d'aumônes?
Nasr Eddin lui répondit : -Il y avait "aveugle de naissance", j'ai mis à la place "le printemps va venir, je ne le verrai pas".
Momo Le Haineux

04 juin 2011 11:36
Le sommeil du sage

Nasr Eddin avait une réputation telle, que sur le conseil d'amis, il avait créé un site internet, mais très vite, il avait délaissé la souris dont les double-clics l'ennuyaient pour retrouver sa chaise-longue devant la maison. Cependant, du monde entier, une foule de jour en jour plus nombreuse envoyait, qui des mails, qui des courriels et comme leurs messages restaient sans réponse, certains finirent par émettre des doutes quant à l’existence du sage. C’est alors que vit le jour un culte dont Nasr Eddin était à la fois le prophète et le dieu. Partout on érigea des temples où les fidèles s’agglutinaient, de plus en plus nombreux. Bientôt (quelques guerres et de menus massacres furent nécessaires) le monde entier fut converti. Sauf Nasr Eddin qui dormait toujours.
Taurines Rispal

04 mai 2011 09:47
deux livres intéressants de Edmond Ben Danou histoires de Djoha et les aventures de Djoha à noter peut être sur le site
berthès colette

10 avril 2011 07:08
Djeha-Hodja Nasreddin a perdu son âne. Au lieu de se lamenter, il parcourt les rues, bras levés aux cieux et criant tout enjoué: - Louange à Dieu le Clément ! Louange à Dieu le Miséricordieux ! Connaissant l'attachement de Djeha-Hodja Nasreddin pour son âne, les voisins sont surpris et demandent à Djeha-Hodja Nasreddin : - Pourquoi ces louanges à Dieu ? Tu ne devrais pas plutôt demander Son aide pour retrouver ton âne ? - Vous n'avez rien compris, déclare Djeha-Hodja Nasreddin. Je remercie Dieu de ne pas m'être trouvé sur son dos quand il a disparu. Sinon, c'est moi qui aurai été perdu
MB

09 avril 2011 22:42
Nasr Eddin trouve parterre un morceau de miroir. Il le ramasse, s'y regarde et s'y trouve laid. Il le lance alors violemment au loin en lui criant: " Hors de ma vue ! Je comprends, à présent, que l'on t'ait jeté !"
Attribuer sa laideur au miroir paraît absurde à un esprit sain. Simple mouvement d'humeur ? Qu'il soit permis d'en douter. Et si Nasr Eddin en sa folie avait raison ? Quel miroir est capable, après tout, de réfléchir le visage réel de celui qui s'y contemple? Et de nous inviter subrepticement de nous poser cette autre question : comment voir la réalité essentielle que nous portons en nous sans recourir à quelque miroir, sans passer par la rhétorique illusoire de l'apparence ?
Momo Le Haineux

09 avril 2011 17:07
Le Nasr Eddin Hodja, voyant que les personnes âgées chaussent des lunettes pour lire, alla en acheter à la ville voisine. Il s’adressa à un opticien qui lui en mit une paire sur le nez. Hodja prit aussitôt un livre et l’ayant ouvert, il trouva qu’elles ne valaient rien. Le marchand lui donna une autre paire, les meilleures qu’il pût trouver dans sa boutique ; mais le Hodja ne lisait pas mieux. L’opticien impatient lui dit enfin : “Hodja, vous ne savez peut-être pas lire ? — Pardi ! reprit le Hodja, si je savais lire, je n’aurais que faire de vos lunettes !”

Dans une conversation avec Tamerlan, Djeha-Hodja Nasreddin commença à vanter les mérites de son âne :
- Il est tellement intelligent que je peux tout lui apprendre, même à lire.
- Va et apprend lui à lire, dit Tamerlan. Je te donne trois mois pour cela.
De retour chez lui, il commença l'apprentissage avec son âne. Il mit sa nourriture habituelle entre les pages d'un gros livre et lui apprit à tourner les pages avec sa langue pour trouver la nourriture. Il cessa de le nourrir trois jours avant le terme de trois mois fixé par Tamerlan. Emmenant l'animal à Tamerlan, il lui demanda un gros livre et le posa devant l'âne affamé. Ce dernier entreprit de tourner les pages avec sa langue et, ne trouvant rien, se mit à braire.
- C'est sûrement une étrange manière de lire, dit Tamerlan.
- Oui, rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin, c'est ainsi que lisent les ânes.
Nonoko

25 mars 2011 07:26
Ou en est votre campagne pour sauver le point virgule ?
JM Vercel

02 février 2011 11:57
In vino veritas ! Le premier mercredi du mois, juste après la sirène mensuelle de midi, les libraires de l'ALMA vérifient sur place, que ça tient Sancerre livres.
Maurice Baux , bouquiniste bolegayre.

05 décembre 2010 09:24
Epitaphe :
Ci-gît piètre rimailleur, rarement disputailleur, pas davantage intrigailleur. Réputé bon travailleur, mais en tant qu'orpailleur, de fonds, ne fut point bailleur.
Exit pauvres tirailleurs ainsi que tous mitrailleurs ; puis, faisant fi des railleurs et autres pinailleurs, je vous salue et me tire ailleurs.
Nelly Boucheron Seguin

04 décembre 2010 21:36
Ci-gît, Elise,
Merci Ludwig de lui avoir écrit
Une si jolie lettre musicale ; elle le méritait,
La Sémiramis des balcons de achélèmes,
Qui y fit pousser des tomates et même un châtaigner,
A 80 ans, elle réalisa son rêve,
D’une maison à la mer
Avec un jardin plein de roses jaunes toutes parfumées.

Promeneur, prends-en de la graine,
Il n’est de rêve,
Qui un jour ne se réalise !

Chapeau bas devant Elise.


Evelyne Morra

03 décembre 2010 12:47
Epitaphe :
Ci-gît piètre rimailleur, rarement disputailleur, pas davantage intrigailleur. Réputé bon travailleur, mais en tant qu'orpailleur, de fonds, ne fut point bailleur.
Exit pauvres tirailleurs ainsi que tous mitrailleurs ; puis, faisant fi des railleurs et autres pinailleurs, je vous salue et me tire ailleurs.
Nelly Boucheron Seguin

29 novembre 2010 12:35
Epitaphe:
J'ai traversé le Styx sur les vagues du Temps ;
Eli-miné ... Mon fil d'Ariane !
Aux Champs Elysées pour longtemps ;
Point besoin je n'aurai de ma mie Valériane.
Passant, respire l'air d'Autan :
Charon est à l'affût préparant ses gréements.

Elie Baysse

21 novembre 2010 07:34
Un point d'éclairage sur le point-virgule ; il marque une pause plus importante que la virgule mais à la différence du point, la voix ne baisse pas complètement entre les deux propositions.

-> Pour séparer des propositions ou expressions indépendantes mais qui ont entre elles une relation faible, généralement une relation logique.
La planète se réchauffe ; les glaciers reculent d'année en année.

-> Le point-virgule est également utilisé lorsque la deuxième proposition débute par un adverbe.
Sa voiture est tombée en panne au milieu de la campagne ; heureusement un fermier passait par là.

-> Pour mettre en parallèle deux propositions
Isabelle jouait au tennis ; son frère préférait le football.

Remarques :
Le point-virgule s'utilise toujours en milieu de phrase et n'est jamais suivi d'une majuscule.

-> Pour séparer les termes d'une énumération introduite par un deux-points
Acheter à l'épicerie :
– 3 oranges ;
– 2 pamplemousses ;
– 4 citrons.
Véronique Londios

18 novembre 2010 19:47
ci gît Alex Andrin 12 pieds sous terre
lionel

18 novembre 2010 16:04
Ponctuation

__ Ce n’est pas pour me vanter,
Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.

__ C’est possible, dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.

__ Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.

Cessez vos conciliabules.

Ou, tous deux, je vous remplace!

Maurice Carême (1899, 1978


BRAVO pour votre initiative de sauvegarde de notre magnifique point virgule



Corinne Laval Duboul

16 novembre 2010 10:19
Ici ne gît de Baux que ses restes ; seuls ses mots méritent que Baux reste ...
Maurice Baux , bouquiniste bolegayre.

15 novembre 2010 08:44
Blason...
Soy el cantor de América autòctono y salvaje ; mi lira tiene un alma, mi canto un ideal ...
.................
La sangre es espanola e incaico es el latido ;y de no ser Poeta, quizàs yo hubiera sido un blanco Aventurero o un indio Emperador.
Jose Santos Chocano

11 novembre 2010 22:36
Ne m'attendez plus, je vous attends ...
F

11 novembre 2010 22:33
Déjà toi !
Fabien

11 novembre 2010 22:31
Laissez moi dormir, j'étais fait pour ça.
Epitaphe de
Francis Blanche

28 octobre 2010 15:41
Attention que l'on n'inscrive pas nos dernières paroles en épitaphe. Certaines ne manqueraient pas d'à propos, mais d'autres ...
"Un camion ? Quel camion ? "
"Elle est où la lumière ?"
Fabien

28 octobre 2010 08:11
Nous avons semez tes cendres dans un champs de blé, ainsi tu seras toujours fauché, toi qui devais tant à tous et qui a toujours tout donné ...
Francois Verdier

27 octobre 2010 10:21
Ici, repose Jean-François Richard,
exempté d'armée mais bon pour le sapin.

Jean-François Richard

23 octobre 2010 14:22
Bonjour
Je tiens à remercier les amis de L'Alma pour la soirée d'hier. J'ai apprécié la mise en scène très vivante et la qualité des lectures... et des textes aussi.
Du coup je me prends au jeu de l'épitaphe et vous en griffonne quelques unes car je ne suis pas sur d'être présent le 17.
En tous cas merci de m'inciter à écrire...

épitaphe d'une technicienne de surface...
"Toute ma vie j'ai combattu la poussière.
En vain..."

épitaphe d'un gardien de phare.
"Merci de m'avoir incinéré, je voulais descendre..."

épitaphe d'une star de la chanson, décédée d'une longue maladie...
"C'était mon dernier cancer, je ne ferais pas de rappel..."

épitaphe d'un cafetier...
"toute ma vie j'ai servi des verres.
Aujourd'hui les vers se servent tout seul"

épitaphe d'un jardinier...
"Je me suis planté"


lionel

23 octobre 2010 10:16
Nous sommes tant de fois montés au ciel tous les deux
Aujourd'hui, infidèle, tu es montée sans moi.
Mais je ne suis pas jaloux et te rejoindrais bientôt.
lionel

23 octobre 2010 10:08
Toute ta vie tu as bossé
Trimé, marné...
Alors repose en paix désormais
Et pis taffe
poinsard lionel

13 octobre 2010 00:24
Epitaphes ( ici git)

Ici gît, iSi gi-smond mort en 523.
Ici gît, ici gi-bbon qui a de grands bras.
Ici gît, ici Gi-scard, c’est son destin.
Ici gît, ici Gi-braltar, rocher hautain.
Ici gît, ici Gi-mini criket.
Ici gît, ici gît girouette.
Ici gît, ici Gi-gi amoroso.
Ici gît, ici Gi-acometti Alberto.

Refrain :
On n’a pas envie de faire de vieux os au cimetière.
Il est complet pour 110 ans. Laissons en paix tous les gisants

Ici gît, ici Gi-lbert Jeune.
Ici gît, ici gi-becière jaune.
Ici gît, ici gi-let bien chaud.
Ici gît, ici gi-bet et le cachot.
Ici gît, ici gi-goté.
Ici gît, ici gi-boulée.
Ici gît, ici gi-got.
Ici gît, ici gi-golo.

Refrain

Ici gît, ici Ji-vago.
Ici gît, ici Gi-raudeau.
Ici gît, ici Gi-raudoux.
.
Ici gît, ici gît Françoise Giroux
.
Ici gît, ici gy-mnopédie.
Ici gît, ici gy-nécologie

Ici gît, ici gi-rafe au long cou.
Ici gît, ici gi-rofle et son clou

Ici gît, ici gi-rolle de Provence
Ici gît, ici gi- bier de potence
Ici gît, ici Gi-fi, ça c’est du toc.
Ici gît, ici gi-bi et les shadoks

Refrain


Martin Robin

12 octobre 2010 11:10
Pour Maurice:
Que dans 100 ans,
Une belle princesse,
De mille caresses,
Réveille Maurice, le Baux au Bois dormant
Martin-Robin

12 octobre 2010 10:46

Epitaphes ( ici git)

Ici gît, iSi gi-smond mort en 523.
Ici gît, ici gi-bbon qui a de grands bras.
Ici gît, ici Gi-scard, c’est son destin.
Ici gît, ici Gi-braltar, rocher hautain.
Ici gît, ici Gi-mini criket.
Ici gît, ici gît girouette.
Ici gît, ici Gi-gi amoroso.
Ici gît, ici Gi-acometti Alberto.

Refrain :
On n’a pas envie de faire de vieux os au cimetière.
Il est complet pour 110 ans. Laissons en paix tous les gisants

Ici gît, ici Gi-lbert Jeune.
Ici gît, ici gi-becière jaune.
Ici gît, ici gi-let bien chaud.
Ici gît, ici gi-bet et le cachot.
Ici gît, ici gi-goté.
Ici gît, ici gi-boulée.
Ici gît, ici gi-got.
Ici gît, ici gi-golo.

Refrain

Ici gît, ici Ji-vago.
Ici gît, ici Gi-raudeau.
Ici gît, ici Gi-raudoux.
.
Ici gît, ici gît Françoise Giroux
.
Ici gît, ici gy-mnopédie.
Ici gît, ici gy-nécologie

Ici gît, ici gi-rafe au long cou.
Ici gît, ici gi-rofle et son clou

Ici gît, ici gi-rolle de Provence
Ici gît, ici gi- bier de potence
Ici gît, ici Gi-fi, ça c’est du toc.
Ici gît, ici gi-bi et les shadoks

Refrain

Martin-Robin

11 octobre 2010 07:25
"L'art et la manières de composer des épitaphes", nous avons reçu à propos ce courrier de Maurice Petit.
"Jean-Claude Carrière est surtout sensible à l'humour mexicain, qui ravissait Bunuel et qui s'exprime parfois dans les inscriptions sur les tombes. Exemples: "Ahora estas con el Senor. Senor, cuidado con la cartera" ("Tu es maintenant avec le Seigneur. Seigneur, fais attention à ton portefeuille". Ou encore: "Aqui descansa mi querida esposa Brujilda Jalamonte. Senor, recibela con la misma alegria con la que yo te la mando" ("Ici repose mon épouse chérie... Seigneur, reçois-la avec la même joie que je mets à te l'envoyer").

Au Mexique, peut-être mieux qu'ailleurs, on en apprend autant dans les cimetières que dans les musées. La seule règle, si l'on veut entrevoir l'âme d'un peuple sous le folklore, sous les moustaches et sous le sombrero, c'est de prendre son temps, de siroter une tequilita avec le fossoyeur en caressant le crâne d'un ancien bouffon".
Maurice Petit

05 octobre 2010 17:24
Un petit texte que m'a inspiré l'exposition sur les puits, mais qui n'est pas dans le thème retenu. Le sujet m'a plu, alors, je demande votre indulgence...

Le secret des puits

Quel est le secret des puits,
Qui sont les archives de la terre et de l'eau
D'une ou plusieurs vies
D'une ou de plusieurs générations
De l'enfance à la vieillesse ?
Yann Le Sugeay

03 octobre 2010 09:27
Epitaphe au cimetière Des Chaumes :
J'ai rejoint ceux que j'aimais, j'attends ceux que j'aime.
Boubi

03 octobre 2010 09:25
Epitaphe de Roland Bacri :
Ici gît suis. Ici gît reste.
RB

03 octobre 2010 09:23
Epitaphe de Jean Cocteau :
Mes amis, faites semblant de pleurer, car je fais semblant de mourir.
JC

03 octobre 2010 09:21
Epitaphe :
Je cherche l'or du temps.
André Breton

27 septembre 2010 08:23
Retrouvez sur ce site, l'intégrale de tous les textes reçus suite à notre appel "Ecrivez sur un lieu du livre dans notre cité" . Voici le chemin pour les curieux : dans la barre de menu "alma" puis "manifestations" et descendez sur "anciennes manifestations". Enfin "Ecrivez sur un lieu du livre dans notre cité". Voilà çà vaut le coup d'oeil !
Maurice Baux , bouquiniste bolegayre.

24 septembre 2010 15:31
Un petit texte sur un lieu qu'on voit partout et donc nulle part.

Une brique, qu’y a-t-il à l’intérieur d’une brique ?


- Si elle est en dessous du crépi ? juste un voile de pudeur, oh ! la coquine.

- Une rumeur incendiaire et glaçante ?

- Sous le ciel de Montauban, une rougeur innocente. (à moins que…)

- Les jours de pluie ? Des rires en cascade, mais on ne voit toujours rien de la brique.

- Si on offrait une médaille en brique, mais cela ne ferait qu’un hochet de l’existence de plus et nous ne saurions rien de la brique.

- Si on imaginait des lampadaires en brique, mais ils ne pourraient qu’éclairer et ne nous diraient rien de la brique.

- Qu’y a-t-il en dessous de ces dentelures de pierre ? Une jolie brique toute parée.

- Sous les ciels parfois ennuagés de l’été, une chaleur intense qui fait pleurer les yeux des passants bien indiscrets, mais toujours rien sur la brique

- Alors, cassons la brique et puis, voilà…

PS : N’oubliez pas de ramasser la poussière en sortant.

Yann Le Sugeay

PS : Merci à Charles Trenet.

Yann Le Sugeay

24 septembre 2010 14:13
Epitaphe de mon sujet

Comment faire une épitaphe sur un sujet sans être le sujet de son épitaphe
(Ce serait trop prétentieux…)
Comment écrire une épitaphe sur son sujet sans être (trop) le sujet de son épitaphe ?
Comment écrire le sujet de son épitaphe sans être l’épitaphe de son sujet ?

Bref, je ne m’en sors pas…

Alors, si vous avez des sujets à me proposer, n’hésitez pas…

Yann Le Sugeay

Yann Le Sugeay

24 septembre 2010 07:40
"VU"
Epitaphe pour plus tard de JC Fournier, artiste peintre.
Jean-Claude Fournier

22 septembre 2010 16:58
Et si je vous parlais d'un Montauban que le moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître?...1951....escale à la sortie du Lycée chez Deloche ...souvenez vous !...il y avait un perroquet buveur dans la virine ! passage à la librairie "le livre" pour y acquérir le dernier manuel scolaire à la mode , visite chez mon voisin Bruschi le libraire de Villenouvelle(ou habitait alors un lointain cousin de Tolstoï..) a qui une carrière militaire n'avait pu faire oublier l'amour des livres ,découverte de Samivel ("Sous le regard des choucas " )dans le fatras des livres soldés un jour de braderie ,heures de temps suspendu dans la salle de lecture de la bibliothèque municipale alors proche du musée Ingres ....(ah!..."Les abîmes " de E.A.Martel lu et relu en rêvant depasse à l'action ..)tous ces ports ou des livres attendaient le départ vers un nouveau voyage sont présents à ma mémoire ....office du livre dans l'ancienne chapelle du lycée Ingres....bibliothèque des chemins de fer à la gare,modestes bibliothèques de l'école primaire de la rue Bêche ou de la classe de Mr. Maillet au lycée,rituels cadeaux d'ouvrages de "La verte" ,albums de chez "Sirven " à Toulouse et , un peu plus tard séisme du " Poche " ..."Kœnigsmark " premier titre acheté ...suivi de combien de centaines d'autres ...toujours là et malgré (ou peut être à cause..)leur parfois piteux état restituant instantanément une ambiance, une odeur , une tranche de temps d'un Montauban révolu ,un pan de vie et de jeunesse....
Montauban a changé ...peu à certains endroits ...plus à d'autres mais les lieux ou se rassemblent les livres y sont toujours aussi générateurs de cet étrange plaisir !!!
Marty

21 septembre 2010 13:00
Ci-gît Allais sans retour.

Epitaphe d'Alphonse Allais
Jean G.

21 septembre 2010 10:33
LA PETITE BIBLIOTHEQUE DU CERISIER

Texte d'Isabelle Castelli
d'après une oeuvre plastique de Micheline Boursiac

Pour faire la véranda, il fallût ôter le cerisier, de toute façon il était quasiment mort.
Jolie véranda de verre et de métal peint en blanc, sur ses étagères : l'éclat d'objets transparents posés la en collection.
Donc exit le vieil arbre, puis on ôta de ses pieds les racines, et le croirez-vous, au milieu de cet enchevêtrement échevelé, la terre accumulée s'ébroua et laissa apparaître, ô surprise, un objet étrange qu'il fallût déterrer, nettoyer, dépoussiérer comme des archéologues, en délicatesse, avec des pinceaux au bout des doigts pour finaliser la découverte : une petite, minuscule bibliothèque venant de nulle part, placée là depuis combien de temps ? Cette découverte incongrue laissa tout le monde pensif. On la déposa avec précaution sur la cheminée du salon, on aurait pu croire qu'elle pouvait s'effriter au moindre courant d'air, mais non, elle tint bon, avec ses livres collés en elle comme des fossiles. Il était bien entendu impossible de les ouvrir, on n'insista pas. Un mystère alors se déposa dans l'atmosphère de la maison, planant comme une feuille au-dessus des âmes, du jardin et du toit.
D'ailleurs le jardin dés lors s'agita, bruissa de mille bruits inconnus; on pouvait entendre, si l'on prêtait attentivement l'oreille: des petits pas furtifs, des soupirs, des graviers crisser... Tout cela s'affolait, on trouvait le matin des oiseaux qui s'étaient brisés sur les baies vitrées du salon, étendus au milieu de leurs ailes inertes, fracassés... Mon Dieu comment cela était-il possible ?
Tout était si calme auparavant, le cerisier avait donné tant de ses fruits rouges et brillants avec bonté, on avait mis tant de confitures en bocaux soigneusement rangés pour l'hiver, les mésanges faisaient parfois leurs nids dans des urnes de terre vides et leurs progénitures dans des amas de plumes et d'herbes sèches, piaillaient en chœur, c'était si touchant, si doux, pourquoi tant de vacarmes, de désordres ? Aurait-on dérangé quelque chose, l'ordre secret des choses naturelles ? Sur la cheminée, la petite bibliothèque du cerisier avait légèrement changé de place, imperceptiblement... et pourtant si, elle s'était rapprochée dangereusement du bord à en avoir le vertige... On la replaça bien appuyée contre le mur et on s'en alla dormir dans les chambres.

La maison prit des allures d'étrangeté, des portes se refermaient sans que personne ne les poussât, des robinets s'ouvraient sans que personne n'eût besoin d'eau et des chuchotements faisaient se retourner les rêveurs dans leurs lits.

Si l'on s'était levé, au milieu de la nuit, on eût pu voir sortir des minuscules livres de terre : des mots, des phrases, des images, des secrets, des chansons anciennes qui tournoyaient dans le salon comme des brassées de feuilles d'automne, des petits êtres, pas plus hauts que trois noyaux de cerises, dansaient sur la table comme ivres et c'était une belle anarchie !
A l'aube tout se figeait à nouveau comme si de rien n'était, les mots, les phrases, les images, les secrets et les chansons anciennes se glissaient a nouveau dans les livres de terre: livres de la terre-mère, mère des arbres, du jardin, des oiseaux..,

Il fallût se rendre à l'évidence, en voyant le jardin défait, les oiseaux muets et ravagés, les bosquets en vrac, oui, on comprit alors que l'on devait rendre a la terre sa bibliothèque, gardienne de semences aujourd'hui interdites, de paroles de sagesse, de son petit peuple souterrain, vigilant. On refit un grand trou, un peu plus loin, au milieu du jardin, on y déposa doucement cette vieille mémoire, et un jeune et nouveau cerisier fût planté juste au-dessus...

Et le calme revînt, et le chant des oiseaux, l'ordre dans les taillis et dans l'âme de la maison et des gens qui l'habitent.

Montauban, septembre 2010 Isabelle Castelli

Isabelle Castelli

21 septembre 2010 10:33
VOYAGES IMMOBILES


Dans un coin du salon, il y a un endroit magique réservé aux enfants et aux rêveurs.
A première vue, il n’a rien d’extraordinaire cet endroit, il est même plutôt banal avec ses franges entortillées en rastas, ses couleurs fanées si douces, ses cicatrices, ses blessures de guerre infligées depuis de longs hivers par une cheminée pétulante et cet aspect ras et lustré, qui le rendrait presque invisible aux yeux des non initiés.
Et pourtant !
Lorsque glisse le jour, il s’anime. Il suffit de quelques coussins confortables, éparpillés négligemment, d’une coupelle de dragées blanches, pour rajouter un plaisir sucré aux voyages et des montagnes de livres aux sommets incertains pour faire son bonheur.
Il devient île déserte pour Robinsons Crusoé en mal d’aventures,
Il est le Nautilus du Capitaine Némo,
La felouque d’un meurtre sur le Nil,
La fusée de Tintin,
Le tapis volant des mille et une nuits.

Ne s’en éloigner sous aucun prétexte ! Même laisser pendre un pied ou une main hors de son
périmètre est extrêmement dangereux.
Exception faite de ce rectangle laineux, tout n’est que pièges, abîmes, menaces, embûches, félonies…..
On risque la noyade, les morsures de crocodiles ou pire de requins en tous genres, parfois aussi une chute vertigineuse et fatale dans l’ennui infini du quotidien.
Alors, ne pas s’égarer, rester au chaud et en sécurité, ne plonger seulement que dans les livres, survoler la négritude de l’Afrique de Senghor, croiser un Albatros, passer le Mékong sur un bac, pour apercevoir la limousine noire de l’amant, se tenir à l’ombre du vent, faire un crochet par le magasin des suicides, juste pour de rire, pour faire semblant de mourir.
Redevenir cette adolescente romantique égarée sur les Hauts de Hurlevent, savoir ce que le jour doit à la nuit, soupirer sur les amants désunis, recevoir des lettres persanes, feuilleter un vieil album de cartes postales.
Etre l’étranger d’Albert Camus, Aimer la mère d’Albert Cohen, la poésie d’Albert Samain.
Albert, quel beau prénom !
Profiter de la lumière des jours de Kabylie, suivre le papillon de Siam, faire des haïkus dans la neige, des vers à la Prévert, des fables comme Jean.
Quelquefois, l’âme est grise et pleure la petite fille de Monsieur Linh.
Ou en en Provence, faire tourner les ailes de mon moulin, sur la Cannebière, faire une partie de cartes.
.
Cet endroit magique, tour à tour radeau de la méduse, île mystérieuse, vaisseau fantôme, bulle de bandes dessinées, illusionniste de génie, peut également se transformer à l’envie, en cerf volant de Kaboul, en château d’If, en chartreuse de Parme, en prisons ou en palais, en masures ou en ciel bleu, enfin tout ce que l’imagination peut faire naître, tout ce que le rêve peut susciter, tout ce que l’âme peut espérer.

Dans un coin du salon, il y a un lieu magique où cohabitent Ulysse et Gulliver, Marco Polo ou Filéas Fog, la Madeleine de Proust ou celle de la comtesse de Ségur, Marguerite Gautier et Cyrano, Don Quichotte et Cendrillon…..
Ils sont tous là, fidèles au rendez-vous, beaux, uniques, extravagants, attachants, aventureux, talentueux.
Comme je les aime !
Ils sont le sel de la vie, la fantaisie qui manque aux jours gris, l’arc en ciel après la pluie.
Ils sont là, sur le tapis magique qui les accueille en hôte bienveillant, eux, vêtus pour l’occasion de maroquin ou de jaquettes cartonnées, parfumés de l’odeur du papier et de l’encre, leurs pages noircies de phrases, de paragraphes, d’avant propos, de quiproquos, d’histoires à déguster jusqu’au dernier mot.

Mais voilà que Vendredi crie :
« Terre, terre ! ».
La mort dans l’âme il faut quitter le navire.
Le carrosse redevient citrouille, le tapis volant carpette élimée.
Il faut ranger les coussins, les livres, il ne reste plus de dragées….
Il faut reprendre le cours normal de la vie. Est-ce normal ?
Il faut attendre demain, pour que tombe la nuit.
Et si un jour le jour ne voulait pas partir ?
J’ai peut-être rêvé ? Et si c’était vrai ?
Je ne sais plus où est la frontière, sur quel horizon brumeux se meurt la ligne invisible entre rêve et raison et devant moi, ce tapis redevenu banal, qui ne me parle plus…….

Mais voilà que par terre, un marque page est resté, comme un code secret, un message discret, juste entre lui et moi, pour un rendez-vous, clin d’œil complice, invitation à d’autres voyages immobiles, alors tout redevient fabuleux !

« A Demain, mon cher tapis des mille et une pages, à demain ».
Madeleine Fénoglio

21 septembre 2010 10:24
Ma table de chevet

Posés prés de mon lit, ils sont à mon chevet,
veillant sur moi, sur la quiétude de mes nuits.
et j'aime à penser, que, leur lecture achevée,
ils nourrissent mes rêves et brûlent mes ennuis.

Tous ses mots alignés, ont guéri bien des maux
qui plongeaient mon esprit dans un bain de douleur.
Ils ont guidés mes pas, m'ont tiré vers le haut
quand je tombais si bas, vautré dans le malheur.

posés sur mon chevet quelques livres s'ennuient
recouverts de poussière, ils sont le souvenir
d'intenses émotions, de moments de plaisir.

Désormais, tous ces mots, s'envolent chaque soir
inondant mon sommeil d'une lueur d'espoir
me montrant le chemin de lendemain fournis

Lionel Poinsard

21 septembre 2010 10:18
Les yeux fertiles


« Seul le merveilleux est beau,
Il n’y a même que le merveilleux
qui soit beau » A. Breton




Dans mes errances, je suis souvent à la recherche d’un refuge, un lieu ailleurs que celui que m’offre le monde étrange, opaque et inquiétant qui m’entoure. J’essaie de m’en échapper maintes fois, pour fuir, il est vrai, ce réel étouffant, qui m’enveloppe d’une seconde peau qui ne me semble pas la mienne et où la respiration me fait défaut.

J’ai longtemps cherché sur les places, les esplanades, les jardins publics et dans les rues aux magasins chatoyants, où l’abondance d’objets et de produits envahit tout l’espace matériel, m’assaille et m’enserre de toutes parts, comme une invisible cotte de maille. Le besoin d’ évasion me saisit alors à la gorge, pareil au prisonnier reclus dans sa cellule étroite et obscure où filtre un maigre rai de lumière.

J’ai récemment trouvé ce lieu de calme et de liberté. Il ressemble à un antre accueillant ou à l’intérieur d’une chambre photographique, dont l’éclairage clair-obscur, à l’opposé des lumières vives sous lesquelles circulent sans se voir des clients qui se ruent sur les dernières parutions, sur le nouveau Goncourt ou le récent Médicis, me rassure et m’ apaise.

Non, c’est un lieu où les livres abondent pourtant, soit classés soigneusement, soit empilés en vrac, dans l’attente prochaine d’un rangement plus définitif. Un endroit spacieux où les murs, tapissés de livres anciens ou plus récents mais qui ne sentent plus l’encre à peine sèche ni le papier neuf et glacé, constitués de bouquins déjà lus ou feuilletés par d’autres mains, d’autres peaux, d’autres yeux qui se les sont appropriés un moment, longtemps parfois, puis s’en sont séparés, souvent avec regret, comme on laisse derrière soi un amour inachevé, ne sont plus des murs mais des parois aux secrètes ouvertures sur des mondes ignorés.




La peinture de la vitrine, d’un bleu sombre comme les fonds marins ou les nuées d’un orage qui couve, s’écaille un peu. A la première approche de la boutique, sise au rez-de-chaussée d’ un immeuble de brique aux teintes occitanes, on ressent l’empreinte un brin nostalgique du passé, du déjà vécu, l’impression que des lecteurs de tous âges en ont franchi le seuil, marqué par une double dalle rectangulaire, usée par de multiples pas d’hommes et de femmes, amoureux, comme moi, du vrai livre : celui que l’on recherche depuis des jours ou même des mois parce qu’on l’a égaré ou prêté sans retour et qui fait manque dans votre existence, comme un membre perdu. Sur l’enseigne bleu outremer, s’inscrivent en caractères blancs trois lettres magiques, empruntées à un poème d’Eluard, « Les yeux fertiles ».


Une femme aux yeux verts, d’un âge indéfinissable mais encore jolie, vous accueille derrière un comptoir en vieux bois patiné, arborant un sourire tranquille et engageant. Son visage évoque celui d’une fée Mélusine qui vous inviterait d’un geste à entrer découvrir un espace, profond comme la caverne d’Ali Baba, mystérieux comme la forêt de Brocéliande, bref, un lieu enchanté, aux lisières du sacré.

Vous pouvez passer là des heures entières, à flâner sous la lumière douce et envoûtante de trois ou quatre lanternes tunisiennes, à feuilleter et parcourir les ouvrages les plus divers, certains illustrés de photos, de dessins ou de somptueuses enluminures anciennes, à contempler quelques gravures surannées aux tons sépia, des sanguines de Dali ou Léonor Fini, ou 2 ou 3 toiles de petits formats qui vous émerveillent. Dans un coin, une cage blanche, sphérique, dont la porte est ouverte, vide d’oiseaux mais comme habitée de romans ou de recueils poétiques, orne avec bonheur une table ronde où la bouquiniste vient parfois vous parler, de tout et n’importe quoi, mais surtout de littérature, d’art ou de cuisine, ou vous invite à partager un café maison.

Chaque fois que, riche de quelque trouvaille, je quitte ce lieu désormais familier, retrouvant les bruits et lumières presque incongrus des rues où règne l’agitation pressée des passants, je savoure autrement, les yeux encore étoilés, l’air que je respire .
Me reste alors un goût , au parfum de liberté, qui rend mon pas plus aérien.

René Hervieu Sept. 2010

René Hervieu

19 septembre 2010 08:23
Ici repose Maurice Biraud, qui n'a jamais eu besoin de porteur pour son bagage intellectuel.

Epitaphe du comédien Maurice Biraud (1922-1983)
M.B.

19 septembre 2010 07:29
Les yeux fertiles


« Seul le merveilleux est beau,
Il n’y a même que le merveilleux
qui soit beau » A. Breton




Dans mes errances, je suis souvent à la recherche d’un refuge, un lieu ailleurs que celui que m’offre le monde étrange, opaque et inquiétant qui m’entoure. J’essaie de m’en échapper maintes fois, pour fuir, il est vrai, ce réel étouffant, qui m’enveloppe d’une seconde peau qui ne me semble pas la mienne et où la respiration me fait défaut.

J’ai longtemps cherché sur les places, les esplanades, les jardins publics et dans les rues aux magasins chatoyants, où l’abondance d’objets et de produits envahit tout l’espace matériel, m’assaille et m’enserre de toutes parts, comme une invisible cotte de maille. Le besoin d’ évasion me saisit alors à la gorge, pareil au prisonnier reclus dans sa cellule étroite et obscure où filtre un maigre rai de lumière.

J’ai récemment trouvé ce lieu de calme et de liberté. Il ressemble à un antre accueillant ou à l’intérieur d’une chambre photographique, dont l’éclairage clair-obscur, à l’opposé des lumières vives sous lesquelles circulent sans se voir des clients qui se ruent sur les dernières parutions, sur le nouveau Goncourt ou le récent Médicis, me rassure et m’ apaise.

Non, c’est un lieu où les livres abondent pourtant, soit classés soigneusement, soit empilés en vrac, dans l’attente prochaine d’un rangement plus définitif. Un endroit spacieux où les murs, tapissés de livres anciens ou plus récents mais qui ne sentent plus l’encre à peine sèche ni le papier neuf et glacé, constitués de bouquins déjà lus ou feuilletés par d’autres mains, d’autres peaux, d’autres yeux qui se les sont appropriés un moment, longtemps parfois, puis s’en sont séparés, souvent avec regret, comme on laisse derrière soi un amour inachevé, ne sont plus des murs mais des parois aux secrètes ouvertures sur des mondes ignorés.



La peinture de la vitrine, d’un bleu sombre comme les fonds marins ou les nuées d’un orage qui couve, s’écaille un peu. A la première approche de la boutique, sise au rez-de-chaussée d’ un immeuble de brique aux teintes occitanes, on ressent l’empreinte un brin nostalgique du passé, du déjà vécu, et donne l’impression que des lecteurs de tous âges en ont franchi le seuil, marqué par une double dalle rectangulaire, usée par de multiples pas d’hommes et de femmes, amoureux, comme moi, du vrai livre : celui que l’on recherche depuis des jours ou même des mois parce qu’on l’a égaré ou prêté sans retour et qui fait manque dans votre existence, comme un membre perdu. Sur l’enseigne bleu outremer, s’inscrivent en caractères blancs trois lettres magiques, empruntées à un poème d’Eluard, « Les yeux fertiles ».



Une femme aux yeux verts, d’un âge indéfinissable mais encore jolie, vous accueille derrière un comptoir en vieux bois patiné, arborant un sourire tranquille et engageant. Son visage évoque celui d’une fée Mélusine qui vous inviterait d’un geste à entrer découvrir un espace, profond comme la caverne d’Ali Baba, mystérieux comme la forêt de Brocéliande, bref, un lieu enchanté, aux lisières du sacré.

Vous pouvez passer là des heures entières, à flâner sous la lumière douce et envoûtante de trois ou quatre lanternes tunisiennes, à feuilleter et parcourir les ouvrages les plus divers, certains illustrés de photos, de dessins ou de somptueuses enluminures anciennes, à contempler quelques gravures surannées aux tons sépia, des sanguines de Dali ou Léonor Fini, ou 2 ou 3 toiles de petits formats qui vous émerveillent. Dans un coin, une cage blanche, sphérique, dont la porte est ouverte, vide d’oiseaux mais comme habitée de romans ou de recueils poétiques, orne avec bonheur une table ronde où la bouquiniste vient parfois vous parler, de tout et n’importe quoi, mais surtout de littérature, d’art ou de cuisine, ou vous invite à partager un café maison.

Chaque fois que, riche de quelque trouvaille, je quitte ce lieu désormais familier, retrouvant les bruits et lumières presque incongrus des rues où règne l’agitation pressée des passants, je savoure autrement, les yeux encore étoilés, l’air que je respire .
Me reste alors un goût , au parfum de liberté, qui rend mon pas plus aérien.

René Hervieu Sept. 2010

René Hervieu

17 septembre 2010 14:05


Quand j'entre dans une librairie, je me sens mal à l'aise, oppressé par un sentiment de gène. Trop d'émotions enfermées dans ces livres… trop de douleurs trop de peines, trop d'amour ou de haine. C'est un peu comme si tous les sentiments qu'avaient couchés les écrivains sur le papiers s'échappaient de leurs cages et s'insinuaient en moi, ou plutôt m'enveloppaient dans un carcan trop lourd pour mes frêles épaules.
C'est pourquoi je vous livre ces quelques vers sur les livres et sur les aires libres que sont les librairies

Libre, j'erre chez les libraires

Je ressens en ce lieu, un sentiment étrange
une ivresse soudaine, un désir d'abandon.
Je me sens minuscule et mon corps me dérange.
Je voudrais être un souffle et demander pardon.

Pardon de n'être qu'un lecteur, et de souiller,
de mon regard blafard, les phrases sur leurs pages,
tout en m'appropriant, pour mon confort douillet
leurs mots et tout l'espoir que portent leurs messages


J'erre au milieu de ces livres, libre, et pourtant, non,
je suis comme enchainé, à leur pouvoir malsain.
Soumis, lâche et fébrile, en manque d'émotion.

Je leur dois tant de choses, à eux à leurs auteurs,
que j'erre aux milieux d'eux accablé de chagrin,
Je me sens dans ces murs, si peu à la hauteur.

lionel poinsard
lionel poinsard

11 septembre 2010 17:42
VOYAGES IMMOBILES


Dans un coin du salon, il y a un endroit magique réservé aux enfants et aux rêveurs.
A première vue, il n’a rien d’extraordinaire cet endroit, il est même plutôt banal avec ses franges entortillées en rastas, ses couleurs fanées si douces, ses cicatrices, ses blessures de guerre infligées depuis de longs hivers par une cheminée pétulante et cet aspect ras et lustré, qui le rendrait presque invisible aux yeux des non initiés.
Et pourtant !
Lorsque glisse le jour, il s’anime. Il suffit de quelques coussins confortables, éparpillés négligemment, d’une coupelle de dragées blanches, pour rajouter un plaisir sucré aux voyages et des montagnes de livres aux sommets incertains pour faire son bonheur.
Il devient île déserte pour Robinsons Crusoé en mal d’aventures,
Il est le Nautilus du Capitaine Némo,
La felouque d’un meurtre sur le Nil,
La fusée de Tintin,
Le tapis volant des mille et une nuits.

Ne s’en éloigner sous aucun prétexte ! Même laisser pendre un pied ou une main hors de son
périmètre est extrêmement dangereux.
Exception faite de ce rectangle laineux, tout n’est que pièges, abîmes, menaces, embûches, félonies…..
On risque la noyade, les morsures de crocodiles ou pire de requins en tous genres, parfois aussi une chute vertigineuse et fatale dans l’ennui infini du quotidien.
Alors, ne pas s’égarer, rester au chaud et en sécurité, ne plonger seulement que dans les livres, survoler la négritude de l’Afrique de Senghor, croiser un Albatros, passer le Mékong sur un bac, pour apercevoir la limousine noire de l’amant, se tenir à l’ombre du vent, faire un crochet par le magasin des suicides, juste pour de rire, pour faire semblant de mourir.
Redevenir cette adolescente romantique égarée sur les Hauts de Hurlevent, savoir ce que le jour doit à la nuit, soupirer sur les amants désunis, recevoir des lettres persanes, feuilleter un vieil album de cartes postales.
Etre l’étranger d’Albert Camus, Aimer la mère d’Albert Cohen, la poésie d’Albert Samain.
Albert, quel beau prénom !
Profiter de la lumière des jours de Kabylie, suivre le papillon de Siam, faire des haïkus dans la neige, des vers à la Prévert, des fables comme Jean.
Quelquefois, l’âme est grise et pleure la petite fille de Monsieur Linh.
Ou en en Provence, faire tourner les ailes de mon moulin, sur la Cannebière, faire une partie de cartes.
.
Cet endroit magique, tour à tour radeau de la méduse, île mystérieuse, vaisseau fantôme, bulle de bandes dessinées, illusionniste de génie, peut également se transformer à l’envie, en cerf volant de Kaboul, en château d’If, en chartreuse de Parme, en prisons ou en palais, en masures ou en ciel bleu, enfin tout ce que l’imagination peut faire naître, tout ce que le rêve peut susciter, tout ce que l’âme peut espérer.

Dans un coin du salon, il y a un lieu magique où cohabitent Ulysse et Gulliver, Marco Polo ou Filéas Fog, la Madeleine de Proust ou celle de la comtesse de Ségur, Marguerite Gautier et Cyrano, Don Quichotte et Cendrillon…..
Ils sont tous là, fidèles au rendez-vous, beaux, uniques, extravagants, attachants, aventureux, talentueux.
Comme je les aime !
Ils sont le sel de la vie, la fantaisie qui manque aux jours gris, l’arc en ciel après la pluie.
Ils sont là, sur le tapis magique qui les accueille en hôte bienveillant, eux, vêtus pour l’occasion de maroquin ou de jaquettes cartonnées, parfumés de l’odeur du papier et de l’encre, leurs pages noircies de phrases, de paragraphes, d’avant propos, de quiproquos, d’histoires à déguster jusqu’au dernier mot.

Mais voilà que Vendredi crie :
« Terre, terre ! ».
La mort dans l’âme il faut quitter le navire.
Le carrosse redevient citrouille, le tapis volant carpette élimée.
Il faut ranger les coussins, les livres, il ne reste plus de dragées….
Il faut reprendre le cours normal de la vie. Est-ce normal ?
Il faut attendre demain, pour que tombe la nuit.
Et si un jour le jour ne voulait pas partir ?
J’ai peut-être rêvé ? Et si c’était vrai ?
Je ne sais plus où est la frontière, sur quel horizon brumeux se meurt la ligne invisible entre rêve et raison et devant moi, ce tapis redevenu banal, qui ne me parle plus…….

Mais voilà que par terre, un marque page est resté, comme un code secret, un message discret, juste entre lui et moi, pour un rendez-vous, clin d’œil complice, invitation à d’autres voyages immobiles, alors tout redevient fabuleux !

« A Demain, mon cher tapis des mille et une pages, à demain ».

Madeleine Fénoglio

09 septembre 2010 10:53
Une Bibliothèque à Montauban

La lourde porte en chêne est dure à pousser, mais l'effort est vite récompensé, le plaisir immédiat quand j'entre dans le couloir orné de boiseries fines, encaustiquées.
L'odeur chaude de la cire fait remonter des souvenirs d'enfant. Le parquet en bois noble, savamment posé, dessine des figures géométriques, des V et par ci, par là des nœuds que j'ai si souvent comptés autrefois.
Je suis les lattes luisantes, amusée de glisser sur des patins! jusqu'à l'immense salle que je reconnais à peine, et là je m'arrête et regarde, happée par ce lieu majestueux rehaussé de solives apparentes.

Le volume de la pièce est certes impressionnant mais ce sont les livres qui me saisissent, des piles de formats différents posés sur des étagères qui s'étirent jusqu'au plafond lambrissé. Eblouie, émue jusqu'aux larmes devant ces rayonnages, je me souviens.

Il y a si longtemps, pourtant l'odeur du papier jauni, moisi même, taché d'encre mêlée au parfum du vieux cuir me touche, je sens la vie, je m'en imprègne. Cet espace solennel de lecture invite au calme et au respect.
Je constate des modifications apportées par le maître de ce temple. Bien que très âgé aujourd'hui, le propriétaire de la maison a conservé son regard aiguisé qui veut voir loin et haut. Il a recouvert deux murs entiers de ces petits trésors de papier et de cuir reliés;

A sa demande, son fils qui vit avec lui monta l'échelle dénicher quelques volumes écornés que le vieux monsieur désire caresser simplement pour voler de plaisir au temps qui fuit.

Je me rappelle dans une bouffée de nostalgie, la porte étroite aux carreaux "cathédrale", aujourd'hui restaurée, tout comme la lucarne de jadis transformée en une porte vitrée largement ouverte sur le jardin, laissant entrer la lumière.

Je me revois petite fille osant à peine tenir un de ces gros livres d'histoire, d'une part parce qu'ils étaient trop lourds, ensuite parce que j'étais intimidée d'aller à la rencontre d'un passé ignoré écrit sur des mots inconnus. Lorsqu'enfin un ouvrage m'était confié, je tournais pieusement les pages, transportée dans un autre siècle, rêvant de perruques et de crinolines.

C'est dans cet environnement feutré, intemporel, rempli d'âmes bienveillantes, que je faisais mes devoirs le jeudi après midi ou que j'étudiais dans le calme mes leçons; j'avais reçu une éducation religieuse aussi je pratiquais obéissance et assiduité. Mes parents travaillant à la ferme, me savaient en de bonnes mains celles d'une famille saine et généreuse, catholique sans être rigide.

Eliette et Louis étaient notables (des bourgeois comme les nomment les paysans) mais ils ouvraient grands leur maison et leur cœur à ceux qui voulaient apprendre.

Maryse BONETTO
Atelier du 4 Juin 2010
Maryse BONETTO

06 septembre 2010 06:52
"Trop aimable, trop gentil ou trop faible, voici ma dernière concession"
Epitaphe refusée par la famille du défunt.
Jean-Louis

05 septembre 2010 09:38
Un grincheux a dit "L'épitaphe est la dernière des vanités" ; il est mort depuis ...
Françis Leysenne

05 septembre 2010 09:37
Attention, vers et glas fréquents !
JL

04 septembre 2010 18:34
Je vous ai adressé un texte qui ne figure pas dans les textes publiés sur votre site. Le voici donc à nouveau. J'ai pensé à un nouveau titre "Mon cabinet de lecture" plutôt que "Où lis-je ?". Voici donc à nouveau ce texte avec le titre :

Mon cabinet de lecture
Pour moi la lecture est un plaisir solitaire. Il est donc essentiel que je sois non seulement à l’écart de la foule mais aussi de toute personne, aussi proche soit-elle. Ainsi les bibliothèques, même les plus accueillantes, ne sont pas pour moi des lieux propices à la lecture. De même je n’ouvre pas un livre dans les transports en commun, ni dans les lieux fréquentés tels que parcs, jardins et autres bancs publics, pour ne rien dire des manèges où certains tentent de faire les quatre cent coups...
Rien ne doit distraire mon regard de la page sur laquelle il reste ancré. Les murs sont donc d’une couleur uniforme, de préférence blanche, sans qu’aucune aspérité ne vienne accrocher mon regard si, par pur hasard, en raison d’une distraction, d’une lassitude ou d’un effort trop important, il s’y aventurait.
Il m’arrive de lire à haute voix certaines phrases pour mieux en apprécier la texture, la sonorité, le rythme. Ayant le plus grand respect pour l’oreille de mon prochain il convient que l’endroit soit sinon insonorisé à tout le moins isolé.
J’aime lire assis, non pas dans un fauteuil moelleux où les paupières risqueraient de ne plus s’ébattre à la moindre langueur textuelle, mais sur un socle relativement dur et inconfortable qui permet au corps de ne pas se laisser entraîner dans les bras tentateurs de Morphée.
Pour savourer ma lecture je dois être serein, tel l’oiseau dans sa cage. Oui, l’enfermement est de nature à permettre l’évasion que constitue la lecture.
Vous l’aurez compris c’est dans ce lieu improprement dit d’aisance que je connais mes plus intenses plaisirs de lecture.

H. Asdow


Henry Asdow

03 septembre 2010 11:20
Sois libre erres ris

Arboretum

Vaisseau de châtaignier surplombant les coursives
L'escalier patiné s'élève; arcs-boutants.
Des chefs-d'œuvre anciens grignotés par le temps,
Trompe-l' œil . Au plafond veille Erato, pensive.

Ainsi va l'arche d'or ; le temps fait une pause
Crissement du parquet, le lecteur se repose.
Des titres accrocheurs arrêtent le regard
L'œil devine l'écho de ses songes épars.

Froissement du papier ; passant, tourne la page...
Le livre de l'été ! L'envie guide les choix.
Un concert intérieur, chœur aux multiples voix,
Un tourbillon de mots impose ses images.

Légère poésie, nuées, nectar de l'âme
Grave philosophie de penseurs affairés ;
Polars récréatifs, les neurones s'enflamment
Plume de voluptés, fantasmes oubliés.

Arbres verts de la vie, Verbe créant les êtres...
Formules ta question ; tu pourras entrevoir
Cet arbre novateur, le relais du savoir.
Superbe librairie, réponse à des peut-être.

En ce lieu singulier, forêt initiatique,
De l'arbre vers le fruit goûtes l'instant magique;
Tu capteras ces fruits délicats à l'aurore
Au coeur des parchemins t'avanceras encore...

Tel propos d'un Ancien te donnes à comprendre:
Chacun peut s'abreuver à sa « Carte du Tendre» .
Prends la main inconnue que découvre ta route
Tu chasseras ainsi, peut-être quelque doute.
Elie Baysse

03 septembre 2010 11:19
A propos d'une librairie montalbanaise

Que de fricots ont dû mijoter dans l'âtre de telle ou telle chaumière ! Maintenant le voilà, bien joufflu et rondouillard, pendu à une potence et se balançant au gré du vent.
Il invite à venir se régaler de la soupe aux livres dans cette librairie d'un genre unique, ce gros chaudron ventru, à l'allure bon enfant.
Dès que l'on en franchit le seuil, on est surpris et comme envoûté. Les dimensions de cet univers en sont d'autant plus réduites que les murs sont tapissés, du sol au plafond, de volumes, de toutes dimensions ; livres promis à la vente, voire ces incunables précieusement à l'abri dans une vitrine et réservés aux passionnés de vieux caractères et que l'on ne consulte qu'avec des gants.
La plupart d'entre eux pourrait réjouir les gourmets de littérature, d'art, de sciences, d'histoire ou de religions, de culture en général.
Ils sont brochés ou reliés en peau de chagrin, cuir grenu bleu, noir ou isabelle dont la patine révèle l'ancienneté, tels ces dictionnaires dans les rayonnages à droite de l'entrée, face au comptoir en bois façonné muni de plusieurs tiroirs-caisses. Ils sont là, comme pour nous accueillir, rappelant qu'ils peuvent, en quelques définitions, satisfaire notre curiosité.
Puis on poursuit, voulant tout goûter de ce brouet : les passionnés d'ésotérisme trouveront matière à réflexion dans la kabbale et autres traités sur les symboles ou la numérologie; la cohabitation se fait tout naturellement avec les ouvrages sur la ou les religions: il n'y a pas antinomie, pas plus qu'avec la littérature moderne qui les côtoie.
On est tenté de s'arrêter, de prendre racine ici ou là, comme aimanté par tel ou tel auteur, et, d'un œil avide on parcourt quelques lignes, une page ou plusieurs du livre recherché depuis si longtemps et, qu'enfin, on peut posséder.
Comme un rat de bibliothèque, on continue saluant au passage tous ces livres qui nous font signe pour faire leur connaissance et, déjà, les envisager chez soi.
Plus loin, on est arrêté par un imposant totem en bois à l'allure anthropomorphique, véritable sentinelle à l'entrée de l'impasse « Marcel Aymé ». Le clinquant de la plaque bleue émaillée indiquant le nom de l'impasse est presque anachronique dans ce cocon d'un autre âge réservé aux gourmets de soupes aux mille saveurs.
Qu'y-a-t-il dans cette impasse dont on n'ose pas franchir le seuil ? Sûrement d'autres livres, trésors de la pensée humaine et l'indispensable ordinateur pour la charmante libraire qui confectionne cette opulente et merveilleuse soupe dans: « La soupe aux livres».
Nelly Boucheron Seguin

02 septembre 2010 16:50
ici repose Wikipédia
Ctrl C Ctrl V
Ctrl X

Jill & Hanako

02 septembre 2010 16:33
Une épitaphe (du grec epitáphios, epi, "sur" et táphios, « tombeau », par exemple des jeux funèbres ou une oraison funèbre) est une inscription funéraire, placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire. Cela peut être un objet donné à une civilisation comme signe de paix.

Dans la Grèce antique, l’épitaphe est un genre littéraire : c’est un éloge funèbre.

En littérature française, l'épitaphe est aussi un genre littéraire rimé : c'est surtout ce que l'on aimerait inscrire sur la pierre tombale de quelqu'un que l'on admire, ou, au contraire, que l'on n'apprécie guère. Supposée être inscrite sur le tombeau lui-même, une épitaphe peut débuter par ci-gît ou par la formule plus moderne ici repose ou par leurs pluriels respectifs ci-gisent et ici reposent.
Troncy

02 septembre 2010 15:15
J'étais ce que vous êtes, vous serez ce que je suis.
Anonyme

02 septembre 2010 14:57
Jean-Baptiste Colbert

Ci-gît l'auteur de tous impôts
Dont à présent la France abonde,
Ne priez pas pour son repos,
Puisqu'il l'ôtait à tout le monde.
jean

02 septembre 2010 14:56
Appelez-moi désormais par mes initiales
Henri Salvador

02 septembre 2010 12:41
Ici repose une victoire de la nature sur la médecine.
Fabien

02 septembre 2010 11:01
Après une vie en noir, il se met aux vers.
Hugues Dedit

02 septembre 2010 10:56
Je vous avais bien dit que j’étais malade.
Webmaster

02 septembre 2010 08:20
Epitaphe pour notre ami bien et bon vivant, Maurice Petit, grand lecteur entre tous :

"Petit pour tous, pour tous il fit toujours grand"


Bientôt, aux prochaines Lettres d'automne, venez composer des épitaphes avec l'ALMA. Un atelier ouvert à tous, déconseillé toutefois aux personnes sans humour. A suivre ...

Et si l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, permettez -moi de me servir à mon tour :
"Maurice vécut des livres, pour les livres, sous les livres. Enfin délivré, ici gît Baux."
Maurice Baux , bouquiniste bolegayre.

31 août 2010 08:58
Nous avons reçu ce texte :

Le sanctuaire des livres

J’adore cet endroit, il y fait toujours frais, une fraîcheur presque irréelle qui reste la même les douze mois de l’année. Sur une teinte de renfermé, on sent l’odeur du cuir de certains vieux livres, avec leurs titres écrits sur le dos en lettres d’or, mélangé à celles du papier et de l’encre des imprimeries. Tous les sens y sont en éveil, outre l’odorat, l’ouïe y est accrue car le silence y est roi. Tous les sons de la ville sont atténués, tellement qu’on oublie être au coeur du centre de l’agglomération et on se croirait dans un sanctuaire. Toutes ces sonorités se perdent dans les rayonnages qui encombrent chaque mur et espace. Cet amoncellement de livres organisé en rayonnages linéaires impressionnants offre à notre vue une vision de l’infini et de puissance également. On s’y sent bien même si au fond de soi on est impressionné. Comment ne pas avoir l’impression d’être tout petit et bien peu de chose parmi tout ce savoir accumulé au fil des siècles, le murmure des pensées humaines et de milliers de vies réelles ou fictives… Toutes les connaissances de l’humanité sont ici représentées, des plus quotidiennes aux plus nobles. Cela est écrasant parfois, tellement qu’en y passant je dois retenir mon souffle quelques instants. Que serions-nous sans ces rayonnages ? Aurions-nous pu quitter la préhistoire si l’écriture ne nous avait pas donné l’opportunité de prendre conscience de nos erreurs passées et fourni un moyen fiable de nous remémorer les savoirs et savoirs-faires acquis jusqu’à nos jours ?
Il y fait sombre comme pour créer ou accroître cette intimité partagée avec les auteurs qui nous livrent leurs pensées profondes et même les plus intimes parfois. Pour ne pas briser le charme, on aurait envie de s’installer sur une table et de nous éclairer de la simple flamme d’une bougie afin d’entourer ces mots que nous lisons d’un halo de lumière propre à ce type d’éclairage, si ceci n’était pas aussi dangereux pour les ouvrages si chers et précieux à mon coeur tels qu’ils devraient l’être pour toute l’humanité tant ils sont importants à notre civilisation.
Marie PHILIP

29 août 2010 13:12
Les salles d'attente.

Est-ce que vous connaissez le réflexe de la lecture ? Je veux parler de cette espèce d’automatisme qui oblige les gens qui savent lire à déchiffrer tout ce qui est imprimé. J’ai remarqué comment, certaines personnes qui savent et qui aiment lire se saisissent de tous les journaux ou livres qui traînent ici ou là, pour en parcourir les titres. Brièvement. Très brièvement, souvent. Mais, pour un lecteur, passer à côté d’un journal ou d’un livre sans savoir de quoi ils parlent est inconcevable.
Par jeu ou par curiosité, j’ai souvent laissé traîner des journaux dans un endroit de passage pour noter qui lisait ou, plus simplement, qui était curieux.
J’ai, depuis toujours, partagé l’humanité en deux : les lecteurs curieux et les autres. Et j’ai souvent pu vérifier que les premiers allaient plus loin et plus vite que les autres. Plus facilement aussi car la lecture permet d’apprendre, certes, de se divertir mais aussi d’attendre et d’oublier.
Attendre son tour chez le dentiste ou au guichet des cartes grises à la Préfecture n’est plus une corvée insupportable si nous sommes en compagnie, par exemple, du comte de Monte-Cristo. Pour ma part, j’oublie très vite mes voisins bruyants, la chaleur et l’inconfort des sièges pour partager le silence et l’inconfort du château d’If avec son abbé Faria.
Aussi, ai-je, tout le temps, un livre dans mon cartable. Et pour moi, tous les endroits sont bons pour la lecture.
Tous ? Non, pas vraiment quand même. Il y a quelques restrictions : je ne lirai sûrement pas au fond d’une mine ou sur le terre-plein d’une autoroute. Mais je suis toujours accompagné par un livre. Ce livre, qui n’est pas toujours le même, me permet de scander mes journées par quelques minutes de calme et de réflexion.
En écrivant cela, je pense à l’Angélus d’autrefois. L’Angélus sonnait deux fois par jour, je crois, et ceux qui l’entendaient devaient s’arrêter pour un moment de recueillement. Je crois qu’il est bon de s’arrêter de temps en temps. De quitter la frénésie ambiante pour quelques secondes de calme. Voilà, c’est cela : je lis aujourd’hui comme autrefois on récitait l’Angélus !
On n’entend plus l’Angélus à MONTAUBAN. Ce n’est peut-être pas très grave car la ville, heureusement, n’est pas en reste pour les livres.
Il y a, bien sûr, les libraires.
Impossible de les oublier, ceux-là. Moins nombreux que les salles de cinéma. Trente fois moins nombreux que les cafés et les bars. A la fois isolés et originaux. Originaux, car dans un commerce agité et agressif, ils s’obstinent à faire perdurer des gestes et des attitudes apparus avec Gutenberg.
Quelle que soit la librairie, entrer dans un de ces magasins est toujours, pour moi, une émotion. Les rayonnages, les livres qui attendent. La même quiétude de tous ces endroits, et puis il y a l’attitude des gens. Ce geste particulier, très doux et énergique, de la main qui happe un livre dans les doigts réunis en pince.
J’aimerais parler de la Bibliothèque Municipale qui est pour moi une sorte de résidence secondaire. J’ai retrouvé chez les conservateurs le même respect de l’objet-livre. Le même geste pour s’en saisir. Est-ce que nous allons comprendre que nous avons de la chance d’avoir un lieu aussi heureusement doté ?
Vous savez, peut-être, que j’ai deux petites-filles franco-anglaises. Pendant ses séjours en France, l’aînée m’appelle souvent ainsi : « Papy-France, viens t’asseoir à côté de moi pour me lire une histoire. » Lorsqu’elle parle ainsi, elle est souvent installée dans un fauteuil et me tend un de ses livres préférés en me disant, avec son délicieux accent anglais : « Tiens, c’est Dora l’exploratrice » ou bien « : « S’il te plait, lis-moi Martine ; » sans savoir - car elle refuse de l’admettre, allez comprendre pourquoi - que la collection de « Martine » est la collection de sa maman lorsqu’elle était enfant.
Et me voici parti avec Martine, son chien Patapouf, son papa, sa maman et la petite cousine. La gamine ne bouge pas pendant des quarts d’heure entiers. Elle écoute en suivant les images. Bientôt rejointe dans ce rituel par la petite soeur qui regarde sans bouger, elle non plus. Elle regarde, la toute petite, cette étrange alchimie qui relie le vieillard que je deviens et cette croquante soeur aînée.
Ce genre d’affaire ne s’arrête pas là. Un peu plus tard, je retrouve mes deux « bombinas » dans le même fauteuil. C’est l’aînée qui a pris ma place et montre à la petite soeur les images en les commentant. Sa petite soeur, qui n’a que deux ans, n’est plus là mais chez Martine. Tout comme moi, je me rends au château d’If en attendant mon rendez-vous chez le dentiste.
J’aurais aimé écrire une conclusion comme je les aime. Avec un petit gag amusant pour sourire. Au lieu de cela, je vais vous faire part de mes inquiétudes. Avec Gutenberg, la pensée a évolué. D’une manière favorable, sans aucun doute. Or, voici le numérique. Il est là, déjà omniprésent. Que va-t-il se passer ? Aurons-nous toujours des lieux de lecture ? Ou simplement l’envie de lire ? Saurons-nous sauvegarder ces moments enchantés où nous nous arrêtons pour lire un titre, un paragraphe ou un livre entier ?

Régis GRANIER

Régis GRANIER

29 août 2010 13:11
L’avis du livre



Si serré sur mon étagère, j’attends qu’on me délivre
Qu’un bibliomane à lunettes ait pour moi du béguin
Que je devienne pour lui son prochain bouquin
Car pour quelques écus, je suis prêt à le suivre

Si encore je pouvais me relire, pour oublier,
Fuir votre ignorance, quand on se croit singulier.
On peut-être le fils de Sagan ou de Malraux
Et souffrir parfois de votre indifférence à demi-maux

Que je sois Roman, Encyclopédie ou Que sais-je
Il se peut qu’une main experte me veuille
Je sens ses doigts sur moi, et voilà qu’elle m’effeuille
Ne pas lui offrir mon intimité, n’oserais-je ?

Je vénère mon lecteur depuis qu’il m’honore
Ma vie n’est plus la même, il me fait de l’effet
Je ne suis plus livre de librairie, mais livre de chevet
J’existe enfin, on me suit des yeux, on me dévore

On me fait connaître, on me prête, on s’attache
Je suis un de ces manuscrits que l’on s’arrache
J’appartiens à untel, à Monseigneur l’évêque
Mon âme a sûrement une valeur intrinsèque

J’aurais préféré vivre en bibliothèque, pour y être fréquenté
Avoir le coeur à l’ouvrage, une meilleure retraite
Jouissance abstraite d’une vie insatisfaite
Tourner la page est difficile, je vais être brocanté.

Mais le pire viendra peut-être : la foire aux livres
Moi qui aie connu la gloire, comment y survivre ?
Pour sûr, j’ai vieilli, jauni, mais je suis optimiste
S’il m’était donné de connaître un bouquiniste

Quel grand malheur s’il me manquait une ou deux pages
Jamais plus vous ne me verriez sur quelques rayonnages
Dommage, car j’ai connu tant de liseurs ravis,
Je n’en ferai pas un roman, je vous donne mon avis !


A.Sangoï
webmaster

27 août 2010 10:43
nous avons reçu ce texte :

A l'air libre

« La gaîté manque au grand roi sans amours;
La goutte d'eau manque au désert immense,
L 'homme est un puits ou le vide toujours recommence. »

Victor Hugo in « Les contemplations, A ma fille»

J'ignorais qu'en voulant répondre au jeu « Ecrivez sur un lieu dans notre cité », j'allais aussi me prendre au jeu. Ce doit être toutes ces rencontres autour du livre, toutes ces personnes qu'elles soient femmes ou bien hommes qui m'ont permis d'oser. Il y a d'abord eu le choix du titre. Un titre permet de nommer un écrit. Le titre le plus juste devrait être « air libre » mais j'ai choisi « A l'air libre ». C'est assurément à l'air libre, le lieu du livre, à l'air libre de chaque cité, pour chaque être parlant, pour vous, pour moi, pour lui, pour elle. Un titre sert aussi la raison à invoquer : c'est à juste titre que vous avez écrit... Alors, c'est peut-être à juste titre que je tente cet écrit mais je ne sais pas encore quelle en est la raison.

Qu'est ce qui amène donc aujourd'hui plus qu'hier à oser l'acte d'écrire ? Est-ce un jeu ou le « je »?

Des phrases courtes, des mots par-ci, par-là déposés sur un cahier, sur un carnet, qui ne l'a pas fait ? Des moments douloureux de la vie sont pour certains des possibilités d'écriture, pour d'autres ce sont des peintures ou des cris, des silences. Chacun essaie comme il le peut de se débrouiller avec ses fêlures. Les fêlés de la vie, nous en sommes tous. La différence tient parfois à l'intensité de la fêlure. La différence tient peut-être au désir. Alors oui, chacun de nous peut tomber du mauvais côté, peut choisir l'obscurité et subir la fêlure. Mais, il y a des rencontres dans la vie qui vous font choisir la lumière à l'obscurité. Ces rencontres sont des adresses, des adresses parfois insensées, des adresses que nous pouvons prendre la peine (ou la joie) d'aimer, auxquelles je ne me suis pas livré corps et âme mais avec un « je ». Le jeu du livre, du libre-air associé au « je » me permet de vous écrire.

Du libraire au livre, du livre à l'écriture, il n'y a qu'un pas. Un pas de côté, un pas de plus mais pas un pas de moins. Une seule certitude : du libraire à l'écriture, il y a du désir.

Le désir de lire, de regarder, d'être lu, d'être regardé. Est-ce le libraire, les libraires qui soutiennent quelque chose du désir d'écrire ? Je ne sais pas. Comment passer du besoin de lire au désir d'écrire ?

Il y a des questions qui nous font nous interroger et c'est cela qui compte. Tout comme compte à mes yeux les livres autant que les libraires. Les libraires de cette ville ont posé sur ma personne un regard bienveillant, empli de tendresse, un regard fraternel. Un regard empreint de désir qui fait qu'aujourd'hui j'ose l'écrire.

Alors je veux leur rendre honneur à ces personnages, ceux des librairies, ceux des livres... Je veux leur écrire combien j'aime les lire.

J'ai lu et je n'ai pas trouvé la réponse à la vie, la réponse à la mort, des réponses tout court. J'ai lu pour chercher et j'ai trouvé l'insensé. J'ai lu et navigué en eau trouble, en eau claire. J'ai lu et j'ai aimé, j'ai aimé aimer. J'ai lu et je ne peux dire ma vérité, je peux juste signifier mon désir d'essayer d'aimer. Aimer est peut être la seule vérité. J'ai lu pour oublier. J'ai lu et j'ai trouvé des personnages à détester. J'ai lu et j'ai couru. J'ai lu et j'ai pleuré de joie parfois avec intensité. J'ai lu pour retrouver ce que je croyais perdu et qui pourtant l'est à jamais. J'ai lu pour admirer celui ou celle que je cherchais. J'ai lu pour reconnaître que chacun peut espérer. J'ai lu aussi pour fabuler et continuer à imaginer. J'ai lu et écouté toute la musique que chaque auteur créait. Et, un jour, j'ai lu pour écrire. Aujourd'hui, j'écris. J'écris pour tous ceux qui ne peuvent pas, j'écris pour les mots, j'écris pour mes maux. J'écris pour ne pas crier, j'écris parfois pour ne pas pleurer et aussi pour créer. J'écris pour laisser une trace. Enfin, j'écris pour rendre compte de ma fragile humanité.

Icare Parribott

webmaster

19 août 2010 15:04
Nous avons reçu ce texte :

L’avis du livre



Si serré sur mon étagère, j’attends qu’on me délivre
Qu’un bibliomane à lunettes ait pour moi du béguin
Que je devienne pour lui son prochain bouquin
Car pour quelques écus, je suis prêt à le suivre

Si encore je pouvais me relire, pour oublier,
Fuir votre ignorance, quand on se croit singulier.
On peut-être le fils de Sagan ou de Malraux
Et souffrir parfois de votre indifférence à demi-maux

Que je sois Roman, Encyclopédie ou Que sais-je
Il se peut qu’une main experte me veuille
Je sens ses doigts sur moi, et voilà qu’elle m’effeuille
Ne pas lui offrir mon intimité, n’oserais-je ?

Je vénère mon lecteur depuis qu’il m’honore
Ma vie n’est plus la même, il me fait de l’effet
Je ne suis plus livre de librairie, mais livre de chevet
J’existe enfin, on me suit des yeux, on me dévore

On me fait connaître, on me prête, on s’attache
Je suis un de ces manuscrits que l’on s’arrache
J’appartiens à untel, à Monseigneur l’évêque
Mon âme a sûrement une valeur intrinsèque

J’aurais préféré vivre en bibliothèque, pour y être fréquenté
Avoir le coeur à l’ouvrage, une meilleure retraite
Jouissance abstraite d’une vie insatisfaite
Tourner la page est difficile, je vais être brocanté.

Mais le pire viendra peut-être : la foire aux livres
Moi qui aie connu la gloire, comment y survivre ?
Pour sûr, j’ai vieilli, jauni, mais je suis optimiste
S’il m’était donné de connaître un bouquiniste

Quel grand malheur s’il me manquait une ou deux pages
Jamais plus vous ne me verriez sur quelques rayonnages
Dommage, car j’ai connu tant de liseurs ravis,
Je n’en ferai pas un roman, je vous donne mon avis !

Alain Sangoï

webmaster

19 août 2010 10:18
nous reçu ce texte :

La bibliothèque

Marcher, au hasard des rues, un livre à la main.

S'arrêter, quand il faut, sur le bord d'un trottoir, le long d'un quai, à la terrasse d'un café ou même à l'ombre d'une église. N'importe où, mais au juste moment.

Ouvrir le livre sans chercher la page, suivre les phrases dans leur course, sauter avec elles d'une ligne sur l'autre, se laisser mener ainsi jusqu'au saint des saints, la bibliothèque ultime où tous les mots se retroussent, broyés par les deux meules inexorables du cerveau.

S'agenouiller pour recueillir les lettres éparses et puis, les doigts écartés, les regarder tomber, étoiles tout juste moissonnées.

Tendre l'oreille au murmure qui s'élève de leur chute pour tenter de saisir le message qu'elles distillent de lecture en lecture, d'errance en errance et dont, si on n'y prend garde, se repaît l'oubli qui nous guette.

Taurines Rispal
webmaster

19 août 2010 10:03
Nous avons reçu ce texte :

Autour de la cité, la campagne montalbanaise.
Cette campagne me plaît, à la citadine bruxelloise que je suis.
Je cherche donc à y vivre quelque temps des mois d’été, quand les tournesols se prennent pour le soleil.
Je consulte les catalogues des gîtes ruraux du Tarn et Garonne. Je me concentre sur Montauban et ses alentours. Je ne sais que choisir. Entre un gîte situé sur les coteaux, un autre qui « respire le bien-être de la campagne », un autre encore où les « gris et les saumons s’harmonisent à merveille »…
Et voilà que je tombe enfin sur une annonce incroyable, inattendue ! Un joli pigeonnier m’invite à profiter de sa terrasse, de son jardin, de sa piscine et … de sa bibliothèque ! Une bibliothèque ! Là, je n’hésite pas, je prends le téléphone et j’appelle la France. La propriétaire, charmante, me répond que ma famille sera la bienvenue.
Aujourd’hui, c’est mercredi, le 18 août 2010. Il me reste onze mois et demi pour imaginer ce qu’il y aura dans cette bibliothèque… Moi qui d’habitude emmène « ma » bibliothèque en voyage, cette fois, c’est une bibliothèque inconnue qui m’emmènera.

Pascale Toussaint

webmaster

12 août 2010 19:05
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Librairie du Lutrin magique
Place nationale Montauban


Sans être un homme du passé je suis quand même sensible à l'architecture et à la mémoire d'un lieu.
Pour tout dire je préfère les vieilles pierres au préfabriqué, je privilégie la qualité à la quantité, en bref, j'aime mieux le tek que le toc.
Avec mon bâton de pèlerin à la main en quête d'un ermitage après bien des pérégrinations, j'avais fait une halte dans un havre de paix pour bibliophiles afin d'étancher ma soif de lecture.
Quoi de plus naturel pour un anachorète que de s'arrêter et de méditer dans un lieu chargé d'âmes qui portait l'empreinte d'une même famille depuis plus d'un siècle.
En effet, de père en fils ils avaient su au fil du temps tisser des liens d'amitié avec leurs clients tout en donnant lustre et patine à des générations de reliures.
C'était un lieu habité où les murs avaient de bonnes vibrations. Ils étaient d'un blanc immaculé comme les plafonds ce qui augmentait l'espace et le volume des pièces.
Les livres sont des êtres sensibles et délicats qui se nourrissent autant du regard du liseur que de l'empreinte de ses doigts.
Côté rue, la librairie avait une façade toute en pierre blanche qui rappelait le tuffeau de la Touraine.
Le nom de famille des propriétaires était gravé en lettres d'or au frontispice du bâtiment et résistait de façon héroïque à l'érosion du temps.
Le magasin arborait sans aucune ostentation deux grandes vitrines toujours décorées avec soin et avec goût.
Ces deux fenêtres ouvertes sur le Monde attiraient l'attention des passants qui s'arrêtaient et se laissaient aller à quelques instants de rêverie...
Dès qu'il franchissait la porte d'entrée le visiteur portait son regard sur des niches haut perchées qui avaient été spécialement creusées et aménagées dans les murs.

Là, se cachaient les ouvrages les moins accessibles pour le lecteur comme certains essais philosophiques destinés aux érudits ou des textes hindous traduits du sanscrit réservés aux seuls initiés.
Tous ces opuscules étaient sages et silencieux attendant celui ou celle qui allait les sortir de leur torpeur.
Les étagères étaient en bois précieux,palissandre et bois de rose recouvertes d'une soierie couleur safran.
La boutique proposait toutes sortes de bouquins:
des géants et des lilliputiens, des obèses et des rachitiques, des célèbres et des
anonymes, des opulents habillés d'or et de cuir, et des indigents emmitouflés
dans leur couverture en carton...
L'alignement presque parfait des ouvrages dans les rayonnages dessinait des figures géométriques sur les murs qui évoquaient des tableaux d'art abstrait tels qu'on pouvait les voir dans certaines galeries d'art moderne.
Cette impression était encore plus accentuée par la disposition des spots qui jouaient avec l'ombre et la lumière des volumes.
Dans la cave voutée par le poids des ans toute en brique rose le promeneur bucolique pouvait s'enivrer de poésie ou bien s'abreuver avec un guide sur les vins.
A l'étage, le fumet appétissant des livres de cuisine attirait les gourmets alors que les manuels scolaires avaient eux une odeur plutôt rébarbative.
Chaque mois les romans et les nouvelles étaient exposés dans la vitrine, puis une fois l'an, au moment des fêtes de Noël les contes et les livres d'art prenaient le relais. Ils étaient ouverts,épanouis comme des fleurs au soleil et posaient à la manière des mannequins pour le plus grand bonheur des passants .
Cette vitrine avec ses livres était pour moi comme un port avec tous ses bateaux et ses lumières, le vent se levait, la mer s'impatientait, il était urgent d'embarquer.



Jean-François Richard
Mercredi 28 juillet 2010

Webmaster

12 août 2010 14:58
Nous avons reçu ce texte :

Sésame, ouvre-toi !

Ali Baba surprend stockés en la caverne
Cent mille objets précieux. Il les partagera.
« Amis, dit-il, croquez : la vie n’est pas si terne
Qu’il faille tout laisser à l’appétit des rats… »

….

La librairie Deloche invite à la culture,
Livre à souhait ses trésors, au cœur comme à l’esprit.
Allons boire et goûter aux festins sans mesure
Dont la valeur pour nous, lecteurs, n’a pas de prix.

Apprenons à humer le parfum de la rose
Et plus riches serons que princes des pillards.
O livres, dites-nous la justesse des choses,
Vers vos parfums exquis menez-nous sans retard.

Contez-nous les héros, leurs épopées tragiques,
Prométhée le titan, la chanson de Roland,
Dites-nous Spartacus rebelle et magnifique,
Les histoires d’amour, l’amour toujours brûlant.



Gilbert Mazas

Webmaster

04 août 2010 11:35
Nous avons reçu ce travail graphique.

http://www.nonoko.fr/jillethanako/?p=6

(copier/coller dans la barre d’adresse de votre navigateur)

Webmaster

04 août 2010 11:34
Nous avons reçu ce texte.

AU MUSEUM DES CHOSES ECRITES (extrait)

La visite annuelle du Muséum des Choses Ecrites était une obligation faite à chacune des classes des Ecoles. Je l’avais accomplie moi aussi après qu’on m’eût arraché à mes parents et placé à l’Orphelinat Cathodique.
De mémoire d’édile, on n’avait jamais su quoi faire de l’ancien marché couvert de Villebourbon, tour à tour gare routière, théâtre privé, atelier de peinture… et quand il fut décidé d’enterrer le livre en grande pompe, il parut évident que ce serait le mausolée accordé à sa déchéance. La stratégie était étudiée : plutôt que l’interdiction, qui crée des résistances imprenables (les moines avaient enseigné aux Officiels les leçons de Hugo à Guernesey, des orthodoxes russes et de Fahrenheit 451), il s’avérait bien plus efficace, face à un peuple entièrement soumis aux suggestions de la mode, d’honorer l’écrit comme une coutume morte. « Si tu veux tuer un artiste, décore-le », apprenait-on à l’Ecole d’Administration.
Le rez-de-chaussée était entièrement tapissé par les portraits tridimensionnels des victimes de la littérature. Les yeux avaient particulièrement été travaillés pour effrayer les enfants. Dans ceux de Nerval brillait le soleil noir de la mélancolie, le regard de Baudelaire ouvrait sur l’abîme de l’aphasie qui ne lui laisserait bientôt plus qu’un mot, crénom !, les pupilles d’Artaud vous suivaient où que vous soyez et vous plantaient des épingles dans la nuque. « Mort fou ! » annonçait une voix sépulcrale quand on approchait de ces images. « Mort pauvre ! » répondait en face celle qui accompagnait la reconstitution de la chambre de Paul Léautaud, et pour que ça sente mieux la misère un diffuseur répandait un remugle d’urine de vieux et de chats. A côté, Rimbaud sur son lit d’hôpital marseillais puait la gangrène.
Suivaient le coin des morts en Seine (Paul Celan, Gherasim Luca, moi j’y aurai ajouté Molière, mais les Officiels étaient imperméables aux jeux de mots), l’allée des suicidées errantes, selon la classification décimale de Casimir Prat (j’y avais passé des heures à chercher sur leur beau visage la faille dans laquelle elles s’étaient englouties, Sylvia Plath, Alexandra Pizarnik, Marina Tsvétaïéva, la plus grande), et puis les morts absurdes : Mallarmé avalant sa langue (« enfin, dirent les jaloux), Malrieu mordu par une tique -si proche, celui-là, j’étais né dans sa maison (« une maison en flammes », écrivait-il), il y avait un poète que je pouvais toucher du doigt. A son méchant portrait on eût donné trois sous, et il serait allé les boire, j’aimais beaucoup cette idée-là.
Les morts de vieillesse n’intéressaient pas le Muséum, aussi lu qu’ils aient été. Ils ne rentraient pas dans le cadre de la démonstration, les Fontenelle, Hugo, Guillevic, Nadeau. Mais il y en avait heureusement tellement d’autres, des dizaines de regards perdus, des dizaines d’odeurs repoussantes. Pour sûr, les enfants étaient heureux qu’on les ait tenus éloignés du poison délétère de l’alphabet.
Peu s’aventuraient dans l’escalier de bois qui amenait à la galerie. C’était une large coursive qui avait été construite à l’intérieur, en symétrie de la marquise extérieure qui ceinturait le bâtiment, et où, dans des armoires qui obscurcissaient les fenêtres du premier étage, les livres s’amoncelaient sans ordre.
« -Pourquoi veux-tu que je les range, me dit Pier en se défaisant de sa blouse grise, personne ne les regarde. »
Et si de fait une petite fille plus aventureuse montait à l’étage et laissait doucement glisser les coussinets de ses doigts sur les tranches des livres, c’était malheur de penser que toujours elle ignorerait le code qui lui aurait permis de déchiffrer ce braille.

Philippe-Marie Bernadou.
Webmaster

16 juillet 2010 23:30
UN REVE PLACE NATIONALE

La rumeur bruissait depuis quelques jours : la Place Nationale deviendrait une bibliothèque imaginaire. Ses façades seraient remplacées par des livres illuminés ou enluminés. Ils raconteraient tous l’histoire de Montauban, sauf un, le seul à être ouvert sur deux pages blanches où chacun y verrait ce qu’il voudrait, sa propre vie, celle de ses proches et de sa famille, ses rêves les plus fous ou les plus intimes. On pourrait y voir sa propre mort, douce comme un souffle ou un chuchotement.
Ces livres seraient plombés pour l’éternité par l’air chaud de l’été. Leurs caractères disparaîtraient dans le ciel étoilé des soirées et des nuits étouffantes de Montauban.
La cadran solaire ne donnerait plus les heures et s’enfouirait sous l’épaisseur des livres accumulés depuis l’histoire de l’éternité. Les arcades disparaîtraient sous les livres qui pleureraient de leurs voûtes. Les vasques de fleurs deviendraient des livres fleuris.
Les rideaux seraient dentelés de livres qui s’éparpilleraient en tombant des fenêtres.
La Place Nationale deviendrait une mer de livres où viendraient s’étouffer tous les visiteurs et les lecteurs.
Mon verre vient de se briser dans un éclat de rire : mon rêve n’était qu’un rêve qui vient de mourir à la terrasse d’un café.

En hommage à Armand que j’ai très peu connu, personnage décalé en dehors de la cité, mais en même temps tellement Montalbanais.

Yann Le Sugeay

24 juin 2010 18:35
Autre texte que nous avons reçu

« Dans la famille Deloche, je voudrais le grand’père… »


« Dans la famille ‘Autrefois à Montauban’, je voudrais la librairie ‘Le Livre’ »
« Pioche… »

« A moi, dans la famille ‘Autrefois à Montauban’, je voudrais la librairie ‘Le Parchemin’ »
« Tiens… »

« Et la dernière : dans la famille ‘Autrefois à Montauban’ je voudrais la librairie ‘Claustre et Delfau’… »
« J’ai pas, pioche… » Il jubilait !

« C’est à moi, non ? »
« Vas-y… »
« Alors, dans la famille Deloche, je voudrais le grand’père… »
« Tiens… » Il fit glisser la carte sur le tapis sans mot dire.

C’était bien lui, avec son béret vissé sur la tête, dans son rayon papeterie, en entrant au fond à gauche, avec sa propre caisse dans le coin. Il était là, à conseiller plume, stylo, encre ou vélin.
Ce n’était pas n’importe qui, il parait qu’il y voyait la nuit et que même il avait été tête de colonne, tous feux éteints lors des fameux taxis pour la Marne. Vérité ou légende ? Qu’importe l’anecdote est à la mesure du personnage.

Je posai la carte avec les autres. Super, plus que trois…
« Dans la famille Deloche, cette fois ci, je voudrais le père… »
« Tiens… » Le ton était plus sec, il commençait à m’en vouloir !

Le voila, le visage expressif, buriné comme un masque grec, l’œil malicieux, le cheveu dru, il était incollable et savait vous dénicher – sans l’aide de google bien sûr ou autre moteur de recherche – un livre depuis longtemps introuvable comme ce bouquin sur les cadrans solaires qui était soudain devenu absolument indispensable à mon original de père !

« Dans la famille Deloche, aurais-tu par hasard le gendre ? »
« Voila. » Il fit à peine glisser la carte : c’était vraiment à contrecœur qu’il me la donnait. Il était mauvais joueur, et avait du mal à cacher sa déception.

Un nom du terroir pour ce poète, écrivain amoureux de Cadaqués, un Aramis qui a peut-être la tête dans les étoiles mais qui garde les pieds sur terre et n’a pas son pareil pour surfer sur le net.

« Et pour finir, Danielle, la fille… »
Son visage s’éclaira : « Pioche ! »
« Bonne pioche ! » Nerveux, il m’arracha presque la carte des mains pour vérifier… Dommage !!

Menue, regard pétillant, sourire espiègle, elle vous accueille au rez-de-chaussée et vous invite à revenir dans ‘‘la cave à lire’’. ‘‘Sa’’ cave à lire, un lieu qui peut paraître modeste mais qui est intime, habité, chaleureux où des auteurs, certains connus d’autres moins, sont invités à faire vivre leurs écrits. Moments inoubliables.

« J’ai une autre famille ! Ça y est, j’ai gagné !! »



Jean-Luc Daunac (juin 2010)
Webmaster

22 juin 2010 10:11
Voici un texte que nous avons reçu.

Enfant, le silence des bibliothèques, la pénombre, les chuchotements m’ont fait fuir la lecture. La solennité des lieux me faisait prendre mes jambes à mon cou. Mon imaginaire me suffisait, j’ai toujours aimé tutoyer l’imaginaire et déchirer les voiles gris du réel. Le corbeau noir que j’avais sur l’épaule et qui semblait lui aussi se régaler des bandes dessinées bon marché me croassait dans les oreilles que le monde des livres n’était pas pour moi. D’autres avaient la charge des rayonnages poussiéreux où ronronnaient ou se chamaillaient les auteurs. Un jour par un heureux hasard, mon chemin croisa celui du capitaine Achab, je tordis le cou du volatile et partis sur les mers chercher Moby Dick, Melville me faisait entendre l’océan déchaîné, le bruit de la jambe en bois sur le pont du Pequod, le dehors et le dedans du personnage. J’avais découvert la lecture, mais jamais, oh grand Dieu non, je n’aurais voulu retourner dans ces antres sentant le papier jauni et les mots empesés chargés de cérémoniaux auxquels le simple mortel ne peut que se sentir étranger. Les livres ne peuvent vivre qu’en pleine lumière, fussent-ils consacrés à des amours interdites ou au surnaturel. Adolescent au visage ingrat, j’ai passé plus de temps dans les romans que dans les corsages, aussi se sont-ils multipliés. Ma première bibliothèque où trônaient outre Melville, Valles, Caryl Chessmann et autres n’était faite que de planches écartées les unes des autres par des briques foraines, les ouvrages étaient posés, simplement posés, parfois entassés de guingois, prêts pour une nouvelle lecture, un nouveau voyage, un nouveau lecteur. Un peu plus tard, lors d’une aventure à deux, la bibliothèque fut remplacée par un meuble venant des forêts nordiques, tout au moins c’est ce que la publicité laissait entendre, j’eus plus de place et les bouquins qui étaient venus s’entasser au pied de ma table de nuit trouvèrent une nouvelle demeure plus confortable. Je ne range pas, ni le classement alphabétique ou par genre ne durent plus d’une semaine malgré le courage de ma compagne. Je sais où ils se trouvent, et il ne me faut guère plus de deux ou trois minutes pour trouver ce que je me suis mis en demeure de chercher. Est ce parce que je n’ai jamais coupé le lien avec les personnages ou les auteurs. Je lis… Chaque livre commencé est une immense terre vierge où viennent s’installer le connu et l’inconnu, où va pousser l’herbe grasse ou l’arbre centenaire, éclater le rire et le chagrin, car chaque livre est un peu de temps pris sur la médiocrité, un moment d’éternité volé aux anges, et celui-ci peut bien s’asseoir où il veut du moment qu’il est en pleine lumière, à la vue de tous. Bois de rose, chêne, orme, mélaminé, stratifié, châtaigner, les bibliothèques ne me donnent que ce qu’elles contiennent en elles. Une porte ouverte par intermittence dans laquelle viennent s’engouffrer mes neurones, cherchant les sens, remuant ma mémoire parfois dans un grand remue-ménage et toujours me portant vers l’autre. Pour lire, il faut aimer l’autre, car cette porte ne peut être ouverte que par lui, celui que l’on appelle l’auteur, le magicien du moment, celui qui fait que les mots s’agitent, s’animent, dessinent. Qu’importe l’endroit pourvu qu’il ne soit pas un sanctuaire, où ces derniers meurent de n’être pas mis en bouche, non le dortoir des mots est un port, un aéroport international qui n’attend que le voyageur, et au cas où le livre vous laisse en plan sur une terre inconnue, un conseil: prévoyez d’en prendre un autre pour rentrer à la maison. Choisissez son titre ou laissez-vous choisir par lui, si le voyage est long, que son contenu soit, épique, philosophique, sociologique ou extraordinaire, il vous ramènera à votre anneau d’accostage, s’il s’y refuse, faites un compromis avec le livre. Imposez des étapes, cinq pages de lecture contre un peu de réalité, huit autres pages contre le marché des producteurs du samedi des allées du Consul Dupuy de Montauban, la ville d’Olympe de Gouges. Si vous réussissez à l’apprivoiser, il vous accompagnera, acceptera de mettre un peu de couleurs sur vos ciels gris, il éclairera alors vos chemins obscurs, il se peut même, cela s’est vu qu’il change radicalement votre façon d’être, qu’il chamboule vos habitudes. Ne dites pas non et ne luttez pas. Quels que soient les contenus des ouvrages ils ne recèlent aucun sulfite et aucune migraine ne vous habitera comme après un mauvais vin. Et si pour finir il vous a plu, trouvez lui un autre lecteur, pour une autre étagère, une autre bibliothèque, une autre croisière.

Jacky Huiban Lagrois

webmaster

02 juin 2010 10:14
Autre histoire à Montauban.
http://jillethanako.blogspot.com/2010/05/interdit-14.html
Nonoko

12 mai 2010 09:34
Cette scène pourrait se passer à la bibliothèque.
http://jillethanako.blogspot.com/2010/04/astronomie.html
Je proposerai des images pour cette manifestation.
Nonoko

04 mars 2010 09:27
@ la douce Sylvie.
C'est dans les fossés du château de Caylus que le Duc de Nevers fut lâchement assassiné dans le dos. Décidément la tradition familiale se perpétue dans les fossés .
Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi !
Moi l'affiche me botte...
Momo le Haineux

12 février 2010 08:38
Avec elle , j'en ai vu de toutes les couleurs...

M.B.

11 février 2010 17:01
Couleur femme ?
Parfois criarde, jamais transparente !
M.B.

10 février 2010 19:26
Couleur femme ?
Souvent changeante, jamais transparente !
M.B.

10 février 2010 12:40
Couleur Femme ?
Toujours colorée, jamais transparente !
M.B.

10 février 2010 09:53
Comprenez le thème comme bon vous semble. Nous sommes pour la liberté d'expression mais nous préférerions d'autres idées que la misogynie ou le racisme.
webmaster

10 février 2010 07:31
"Couleurs femmes", ou "couleur femmes", ou "couleurs femme", ou "couleur femme"... Précisez bien l'orthographe de votre formulation. En voulant bien dire il ne faudrait pas être taxé de misogynie et de racisme
Alain E.

20 novembre 2009 07:48
Bravo aux libraires d' Alma !
Ils vivent leur métier...

Pierre C.

09 novembre 2009 11:38
Incroyable ! La Castelli que j'ai tant adoré, ailleurs, sur scène voici ... quelques temps, se produit sous vos arcades en décembre. Elle dit des contes, dit-on... J'en serai... Je suis impatiente de nos retrouvailles.
Françoise Huet

07 novembre 2009 07:34
Pour le meilleur et pour le lire, bravo !
Merci pour vos initiatives ludiques et pertinentes . A bientôt chez vous, au pays des littératures .
Fred L.

04 novembre 2009 07:16
Pour le meilleur et pour le rire, il faut juste voir dans nos ânes livreurs de livres, notre volonté commune "de souligner les questionnements présents des amateurs, des acteurs et des passionnés du livre autour de son devenir ".. Nous ne nous inscrivons pas en ayatolas, censeurs de technologies nouvelles , Nous pensons simplement, que le charme et l'humour dont nous colorons notre action l' inscrivent dans un registre de réflexion éloigné de toute dramatisation ou catastrophisme passéiste. Notre combat quotidien pour le Lire, n'est pas une bataille perdue pour le Livre.
Maurice Baux , bouquiniste

01 novembre 2009 07:57
Super votre principe du loto dérision. Qu'est-ce qu'on y gagne ? Un âne ?
Luc Vassal

31 octobre 2009 06:01
Qu’est-ce qu’un vrai livre ? Et par l’opposition que vous insinuez, qu’est-ce qu’un faux livre ? Pensez-vous vraiment qu’un livre PDF sans encre ni papier soit dépourvu de signes et d’idées ?
Quel argumentaire passéiste pour un site de libraires plutôt moderne !

Delcroix

Alain

30 septembre 2009 10:34
Ces derniers jours, le site des librairies de Montauban a subi de nombreuses attaques virales.
Ce problème est aujourd’hui résolu.
Nous adressons nos excuses à tous les utilisateurs.
Le webmaster

08 septembre 2009 08:41
Hi Han ! J'arrive !
Nicolas G

25 août 2009 09:51
Réponse à Louis Combes :
Contactez directement une de nos librairies, nous accueillerons votre livre !
Philippe

10 août 2009 15:31
Impossible de joindre les "ouvreurs du passage" pour déposer mon livre insolite. En semaine je reste sur Bordeaux. Que faire ?
Combes Louis

22 juin 2009 15:32
Faites du bruit / La défaite de la musique.
Samedi soir à deux pas de la librairie Deloche, le délicieux Jimi et son collègue Arnaud ont du rendre les armes, rengainer poésie, tablas et guitare face au déversement de décibels d'un tourneur sourd de platines hurlantes, place du coq.
Où est la fête des musiques éclectiques sous la vente juteuse de bière et la surenchère des flots de décibels électriques?


Jean Luc Fillol

17 juin 2009 08:24
Bravo pour l'expo !
Véronique Brusella

12 juin 2009 08:46
Des livres et nous:du bizarre! Amen.
Ludo

12 juin 2009 08:39
Insolite : des livres et du bizarre.
Ludo

11 juin 2009 11:35
On livre le livre insolite dans les vitrines étranges des librairies du bizarre ...
Ludo

10 juin 2009 15:08
Ce n'est pas la première fois - et ce ne sera pas la dernière - que je viens me "promener" agréablement sur le site de l'ALMA. L'information littéraire y est facile et claire. Que cela dure ! Avec mes encouragements ! Emmèfe
Michel FERRER

16 mars 2009 13:37
A quand un petit recueil des perles poétiques que vous ont confiés les montalbanais pour vos PV et autres affichages de ce Printemps des poètes ?
Merci pour votre bonne humeur contagieuse !
Jean B

24 février 2009 09:02
Aline je t'aime et te suivrai au bout du monde. Mais je ne me trainerai jamais avec toi dans un de tes aller-retours coûteux, polluants et fatiguants pour fnacquer trois bouquins à Toulouse-Capitale.
Adieu !
Françis

24 février 2009 08:52
Curieux bateleurs de salons qui revendiquent bien haut vouloir "vivre et travailler au pays" et qui cliquent via leur écran le bouquin qui se trouve dans le rayon de la librairie du coin de leur rue.
Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand la librairie restera au coin de leur rue?
Françis

13 février 2009 11:10
Chez le libraire on rentre et sort sans contrôle, ni obligation. Donc cet individu est suspect.
D.V.C. ( Délation-Vigilance-Civisme )

13 février 2009 11:05
Le libraire garde la mémoire d'ouvrages, dont on n'avait même pas parlé à la télé, et maintenant introuvables sans son concours. Donc, cet individu est suspect.
D.V.C.

13 février 2009 11:00
Chez lui, le libraire héberge certaines littératures étrangères qui sont très fraichement traduites en bon français... Donc cet individu est suspect.
D.V.C.

13 février 2009 10:53
Toute la journée le libraire brasse des livres donc des idées. Le libraire fait donc commerce de l'esprit. Donc cet individu est suspect .
D.V.C ( Délation-Vigilance-Civisme )

09 février 2009 13:28
Pourquoi dit-on ?
"On va au supermarché" et "On va chez le libraire".
C'est la même histoire que pour le bouc et le coiffeur ?
Tonton Bernard

09 février 2009 13:25
Je me perds dans les galeries marchandes ; je me trouve dans une libairie.
Tonton Bernard

08 février 2009 10:54
Nos libraires sont des saumons...
Leur vie est une lutte patiente pour remonter le courrant consumériste.
Leur chemin est long vers la source essentielle des idées. Leur destin est périlleux dans leur quête têtue de la liberté de pensée.
Beaucoup périssent épuisés, ruinés, mais jamais pauvres car riches de leurs rêves de passeurs...
Mon libraire est un saumon...
Paul

27 janvier 2009 13:00
Comment vous faire parvenir les poèmes ?
La poésie libre est-elle autorisée, ou la versification académique est-elle de rigueur ?

BEATRICE

16 janvier 2009 09:00
Monsieur Jourdain --- Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien ; et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela.
Molière

13 janvier 2009 08:33
Ni longue, ni scolaire, ni chiante, la poésie en chantant nous ouvre les barrières...
Vincent mineur à fond au collège J.J

12 janvier 2009 13:58
Ni concours, ni trophée !
Ni rimes, ni vers !
Poètes à vos papiers !
La poésie libérée dans les rues qui deviennent nos rues...
Les pubs papier glacé ne passeront pas l'hiver, puisqu'un printemps attend la chaleur de nos mots lancés sur le pavé.
Poètes à vos pavés !
Régis

12 janvier 2009 13:14
Sur l'angle du zinc en bois, le café fume sous sa mousse d'ambre. Dans une Dépêche, froissée des premières lectures matinales, un appel d'un autre âge s'élève du bas d'une colonne : "Poètes à vos papiers !".
Sortir enfin d'un hiver vers le printemps...
Ulysse

12 janvier 2009 11:12
Oublié tout l'été,
embrumé par l'automne,
égaré dans l'hiver,
le poète renait l'espace d'un printemps,
au-delà l'oubli, les brumes et l'égarement...
Isabelle

12 janvier 2009 09:16
A des années lumières, dans un passé lointain, j'ai connu une étoile très brillante quoiqu'assez distante, mais elle a filé.
Michel

12 janvier 2009 09:08
Place, on livre !
On livre sur place. Le livre se place.
Le livre a sa place : la place du livre.
Enfin, le livre en place !
Evelyne

11 janvier 2009 17:07
"Aujourd'hui, pour cent briques, t'as plus rien !" dit au Pont Vieux l'architecte d'un parking bétonné.
Agnès

11 janvier 2009 10:57
Notre bastide pleure des larmes automobiles; nos voitures pleurent des larmes de papillons verts.
Heureux banquiers réjouis du prix des larmes !
Cathy

09 janvier 2009 16:13
Bonjour Cathy
Bien entendu tu peux poster tes vers ici dans les messages ou les adresser à accueil@librairiesmontauban.fr
webmaster

09 janvier 2009 12:49
Peut-on laisser sa contribution poétique sur votre site, avant de recevoir un rappel voire un commandement poétique sur papier bleu ou une contravention poétique sur papillon vert sous l'essui-glace de saison ?
Cathy

08 janvier 2009 11:22
Tous les mois je grève mon budget loisir après l'écoute des Voix de l'ALMA.
Merci de votre fraicheur et pour votre bonne humeur!

Jean-Luc

07 janvier 2009 11:03
Chers internautes fidèles au site et chers auditeurs des Voix de l’Alma sur les ondes de CFM, je vous adresse au nom des libraires de Montauban, nos meilleurs vœux et une année riche en lectures.


Le webmaster

10 décembre 2008 09:50
Comment et où récupérer les portraits de dimanche ?
Quand aura lieu l'exposition que l'on a évoqué au studio ?
Je vous confirme notre autorisation d'utiliser notre image, pour l'occasion.
Bravo pour ce bon moment !
Fabien

10 novembre 2008 09:52
Dans qu'elle librairie peut-on rencontrer les relieurs dont vous parliez à la radio ? Où doit-on déposer les ouvrages à relier et sous quelles conditions de garantie ?
Francis Fourniols

07 novembre 2008 10:05
J'ai capté à Grenade, votre émission sur CFM.
C'est super! Enfin des libraires éclairés, bavards et cools.
Marie

05 septembre 2008 08:50
Comment répondre en tant que dessinatrice, à votre invitation à croquer figures et visages des lettres d'automne ?
Myriam

14 août 2008 19:28
Pour tout contact avec les faiseurs singuliers je vous invite à passer le samedi place Nationale pour qu on en discute.

Rémy

14 août 2008 09:42
Comment peut-on se joindre et participer aux "faiseurs singuliers" de la Place Nationale ?
Bravo pour cette initiative originale.
François Curiel

08 août 2008 09:59
A quand la reprise des rencontres philosophiques sur la Place Nationale? Le repas qui les prolongeait sous les arcades était un moment rare de convivialité toute méridionale. Un délice pour l'esprit et le goût; un baume pour le moral...
François

09 mai 2008 18:30
Afficionado de Cadaqués, je souhaite faire un retour simple avec l'auteur, Philippe Marie Bernardou.
"...le patron du restaurant Els Pescados a perdu ses coordonées..."
Pouvez-vous me les communiquer ?
Cordialement
SOLERené
Soler René

17 avril 2008 10:25
Nous avions pris goût aux petits écrits des libraires de Montauban. La collection de petits livrets est-elle déjà close?
Dommage pour ma table de chevet...
Amandine Bern

25 février 2008 15:20
Une bonne fnac leur apprendrait à lire droit!
E. Leclerc

15 février 2008 10:16
Tout ça c'est bien beau mais il n'y a pas que la lecture dans la vie . Il faut aussi faire du sport et bien travailler à l'école.
Louis S

11 février 2008 13:09
Quand peut-on entendre "Les voix de l'ALMA" sur CFM? Maintenant, il parait que chez les libraires les paroles restent et les écrits se volent.
Claude

14 janvier 2008 13:38
Entendu sur une radio et entrevu sur ce site : Une nouvelle librairie sur place nationale...
Poisson de janvier ou promesse d'ivrogne ?
Rien ne peut m'étonner venant des membres d'une profession où "livres" se conjugue trop souvent avec "libations".
Paul

11 janvier 2008 10:03
Une info circule grave dans les couloirs des médias et des instances régionales :
"Montauban serait bientôt la seule ville du Grand Sud-Ouest à voir réunies 3 librairies autour de sa gran-place historique"...Intox électorale ou info culturelle ? Les lecteurs attendent plus de lumière sur ce qui pourrait être une note bleue dans la morosité ambiante...

Laurent

17 décembre 2007 11:16
Quand peut-on ouîr la bonne parole de l'Alma sur les ondes de choc ?
Fabienne

12 décembre 2007 10:34
Entendues sur les ondes, via Radio CFM: les voix de l'ALMA...Amusants et très vivants nos libraires au micro... Quand peut on les retrouver bientôt dans le poste?
Flo

05 novembre 2007 15:38
On veut lire au pays !
Gardarem lou moural !
Pascal

21 octobre 2007 14:27
Des bulles au comptoir,
La Place à mots couverts,
Un grenier pour attendre Godot,
Un Chat perché dans une cave,
Et les mots croisés de 2 zouaves pour l'ALMA
C'est enfin le libr'Air de Montauban
Florian

24 septembre 2007 13:34
Dans qu'elle librairie est présentée l'exposition photo de L. Delcasse?
Paul

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