LONG WEEK-END

Labor Day

de Joyce Maynard et Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Vingt ans après les faits, le narrateur, Henry, âgé alors de treize ans, se souvient et raconte. Il vit seul avec sa mère, Adèle, depuis que son père est parti vivre avec Marjorie avec laquelle il a eu une petite fille Chloé.

Adèle, encore jeune et attirante, a un comportement bizarre. Elle ne sort qu’une fois par mois pour acheter de la nourriture surgelée. Pour Henry qui va dîner le samedi soir chez son père, pas de doute, sa vraie famille c’est Elle. Il voue à sa mère un amour immense et porte sur sa conduite fantasque un regard attendri quoique dubitatif et parfois incrédule.

Ce jour-là Henry avait besoin d’un pantalon pour la rentrée des classes. Arrivé au centre commercial Henry qui voulait savoir tout ce qui concerne les femmes et leur corps, ce que font les gens quand ils sont ensemble tente de feuilleter Playboy mais, hélas, le magazine est sous cellophane. Il est plongé dans un numéro de Cosmopolitan quand un homme portant la chemise des employés du magasin se penche sur lui. Il saigne. Il demande de l’aide mais ne veut gêner personne il y a des tas de gens que la vue du sang effraie. Il met la main sur l’épaule d’Henry et lui dit qu’il aimerait aller chez lui. Adèle est imprévisible. Elle accepte de l’emmener chez elle, une maison à l’extrémité d’une rue, sans vis-à-vis, donnant sur un grand champ qui débouche sur une forêt, située dans un bled du New Hampshire où tout le monde sait ce que fait tout le monde.

Très vite l’homme qui s’appelle Frank révèle qu’il est un taulard évadé, condamné pour meurtre. Il s’est blessé en sautant du troisième étage de l’hôpital de la prison où on l’avait opéré de l’appendicite. Sans cette maudite jambe il serait parti beaucoup plus loin. Je n’exigerais rien de vous. J’essaierais d’être utile. Je n’ai jamais fait de mal volontairement à quelqu’un.

Nous sommes jeudi soir. Il fait très chaud. Le long week-end de Labor day commence tout comme ce surprenant huis clos au cours duquel chacun, au fil du temps, va se dévoiler de plus en plus.

Un livre haletant, très visuel, plein de surprises, qui parle, entre autres, des espoirs déçus, des tourments de l’adolescence, de la fragilité du bonheur.



n.b. Joyce Maynard, surnommée à ses débuts, en 1972, la Sagan américaine, a vécu avec J.D. Salinger en 1973 – elle avait 18 ans, lui 53 ans – une histoire d’amour fulgurante à laquelle il mit fin brutalement ce qui marqua durablement la jeune femme.

Aux editions Philippe Rey, 19 €

290 pages.


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